Bosnie : des villages pollués par le charbon | ARTE Regards
632 segments
[musique]
L'industrie du charbon connaît un regain
d'activité en Bosnie. Même quelques
locomotives historiques sont encore en
service. Alors que l'UE sort du charbon,
l'extraction se poursuit ici à plein
régime, notamment à Camenrade où se
trouve l'un des plus grands gisements du
pays. Un trésor mais aussi un danger
pour l'homme et l'environnement.
Ce bassin était plein d'eau. Maintenant
il est vide. L'eau
coulé jusqu'en bas. Maintenant, il n'y a
plus rien. Tout est à sec.
Des centaines de camions traversent jour
et nuit les villages environnants.
Au dépend des habitants selon les
agriculteurs,
ce qui les intéresse, c'est d'empocher
de l'argent.
Il se moque totalement des paysans du
coin.
À ce jeu de qui veut gagner des
millions, les Rivins seront-ils gagnants
? Et quel est l'impact de l'exploitation
sur leur vie ?
[musique]
[musique]
À proximité immédiate de la mine se
trouve des cultures et des pâturages.
L'exploitation à ciel ouvert se
rapproche inexorablement de leur
principal moyen de subsistance.
[musique]
Enes Tatalovic se retrouve d'eau au mur.
Ces terres jouent désormais les teriles
de la mine qui affectent lourdement les
agriculteurs et leurs familles.
L'été, les travaux d'extraction génèrent
une poussière qui est insupportable.
La pluie en emporte une partie mais on
voit bien que c'est noir.
Le vent transporte cette poussière
jusque dans nos maisons.
Il dépose une épaisse couche de
poussière sur les fenêtres.
[musique]
Enes Tatalovic et sa famille vivent dans
le petit village de Fatovzi depuis trois
générations.
Pendant la guerre de Bosnie, ils enfuit
en Allemagne.
À leur retour, la ferme était dévastée.
La famille a tout reconstruit
péniblement. Puis l'exploitation minière
a débuté et a peu à peu grignoté les
surfaces d'alentour.
Regardez, regardez ça.
Vous avez vu ?
Vous voyez cette poussière ?
Le foin plein de poussière. Tout est
mélangé.
On ne s'en doute pas mais quand on fait
analyser le lait
les résultats montre qu'il contient un
certain pourcentage d'latoxine de
bactéries
et de toutes sortes de substances
toxiques.
La tonneur en polluant varie sans cesse
selon la direction du vent et
l'intensité des travaux dans la mine.
Le lait est soumis à un processus
rigoureux avant d'être mis en vente.
Edo, le fils d'En vit lui aussi dans le
village. Il aide son père qui a déjà 70
ans à prélever les échantillons destinés
au laboratoire.
Né en Allemagne pendant la guerre de
Bosnie, il est fier d'en parler la
langue.
Si la mine continue de s'étendre, il
craint un avenir sombre pour sa famille
et ses voisins.
Il va y avoir un gros problème avec le
lait.
il ne sera plus aussi bon
qu'aujourd'hui.
Et si ça continue comme ça,
on ne pourra plus vivre ici dans un de
ou 3 ans.
Ça m'inquiète
comme tous les habitants ici.
La pollution de l'environnement, la
poussière et le bruit nuissent à la
santé des éleveurs, de leur famille et
de leur bétail. L'extraction du charbon
perturbe également la circulation dans
le petit village de Fatovzi et dans les
communes voisines.
Les camions monopolizent la route.
Il se suivent à 5 m de distance.
On ne peut pas les doubler.
Si on doit emmener quelqu'un à l'hôpital
d'urgence, on est coincé.
On ne peut pas les dépasser.
Les trajets quotidiens sont devenus un
cauchemar pour Samir Barry, le chauffeur
de bus scolaire.
Le matin, il conduit les enfants des
villages environnants à l'école et les
ramène à midi. Un parcours de presque 50
km qui représente un défi, même pour un
professionnel.
Šo u godu dana se baš povećao.
Depuis un an le nombre de camions
augmenté.
Ils sont près d'une centaine et ils sont
surchargés.
Il transporte 15 à 20 tonnes de plus que
la limite autorisée.
Voilà ce qui se passe
pour Samire. Les bâes des camions sont
beaucoup trop tendus pour qu'il en soit
autrement.
Les situations dangereuses et les
accidents se multiplient sur cette route
étroite. Les chauffeurs des poids lourds
conduisant souvent durant de longues
heures.
Je transporte des enfants,
j'en suis responsable
et la circulation pose problème.
route depuis la mine et sans est
complètement défoncée.
La chaussée est sale
la poussière de charbon que transportent
les camions la rend grasse et glissante.
Samir Barry et d'autres habitants ont
signalé ses problèmes aux autorités à
plusieurs reprises, mais la situation
n'a pas changé autour de la mine.
C'est le groupe international Lager
présent en Bosnie, en Croatie, en Serbie
et dans cinq autres pays des Balcans qui
exploitent la mine.
La société nous a accordé l'accès à la
mine mais l'interview prévu initialement
n'aura finalement pas lieu.
Les conflits liés à la mine à ciel
ouvert sont un sujet récurrent pour les
autorités et la mairie de SKost.
Le nom de cette ville signifie Pont sur
la Sana et son surnom est la ville aux
neuf rivières en raison de ses nombreux
affluents.
Elle compte plus de 40000 habitants dont
beaucoup ne sont revenus qu'après la
guerre qui a fait de nombreuses victimes
ici.
Prostite kako ste? Jeste dobro?
Le 8 octobre, Sanski Mosque célèbre
l'année de la liberté 30 ans après la
fin de la guerre.
Manzovic, le nouveau maire, est présent.
Sa famille a elle aussi fu la haine et
la violence pour se réfugier en
Allemagne où il est né.
Tu as fini premier.
ovu nagradu. Evo ga
ton.
Le je lui est confronté à de tout autres
défis comme ceux liés à la mine de
charbon.
Le transport du charbon par la ville de
Sanski Most et dans toute la Bosnia
Herzegovine pose un gros problème. La
route régionale R405 est dans un état
catastrophique.
Ça ne concerne pas seulement les
riverins de la mine, mais tout le monde.
De nouveau MER dispose de peu de moyens
d'action contre les responsables des
dégâts car les contrats avec la mine ne
sont pas suffisamment précis sur ces
questions et sur les millions de
bénéfices générés par l'extraction du
charbon, la commune ne touche quasiment
rien.
La commune de Sansskimost perçoit chaque
année de la part de l'État et du canton
entre 150000
et 250000 € environ.
L'entreprise Lager a négocié ses
conditions avantageuses lors de l'achat
de la mine en 2015 et ce pour plus de 30
ans. Après la guerre, la mine était
exploitée par une entreprise publique
qui a fait faillite.
Aujourd'hui, la ville ne perçoit même
pas les recettes fiscales.
Les impôts de la société Lager
reviennent malheureusement à la ville de
Shiroki Brigue où elle est enregistrée.
C'est à plus de 200 km d'ici.
C'est pour ça que les impôts ne nous
sont pas reversés.
On essaie de changer ça car cela
représenterait un énorme revenu fiscal
pour Sansimost.
Je parle de millions.
Pour réparer les dégâts sur les
infrastructures locales qui se chiffrent
en millions, le maire ne dispose que de
200000 € alors que les bénéfices de
l'entreprise Lager sont estimés à
plusieurs dizaines de millions d'euros.
Jusqu'à présent, la ville espère en vain
un soutien du gouvernement régional ou
fédéral. Les autorités compétentes n'ont
pas donné suite à nos demandes
d'interview.
Pourquoi n'ont-elles pas déjà révisé des
contrats aussi défavorables ? Pourquoi
ne les ont-elles pas adapté aux normes
environnementales européennes ? Et
surtout, pourquoi ne pas les avoir
indexé sur le potentiel financier de la
mine afin que l'État en tire plus de
revenus puisqu'il en est après tout le
propriétaire ?
Chaque chargement rapporte à
l'entreprise Lager environ 4000 €. 24h
sur 24 car de nombreux camions roulent
aussi la nuit pour atteindre leur
destination en Serbie le lendemain
matin.
Ainsi, l'un des rares trésors de la
Bosnie ne reste même pas dans son pays
d'origine.
Pendant ce temps, Enes Tatalovic paye
des impôts pour sa modeste exploitation
agricole à Sans Skimost et se retrouve
comme ses voisin à assumer les
conséquences des dégâts causés par la
mine.
Il se perçoit souvent comme un
combattant solitaire.
Certains se révoltent, d'autres se
taisent ou sont corrompus.
Quelques-uns travaillent ici mais leur
famille leur disent "Ta-toi ! Ça va ? Il
se moque des gens comme moi.
[musique]
Je suis né et j'ai grandi ici.
J'ai toujours vécu ici. Je suis bien
placé pour connaître les limites et les
propriétaires des champs.
Beaucoup d'anciens sont morts et les
jeunes ne s'intéressent plus à la terre.
Alors, ils la vendent et ils pleurent
une fois qu'ils ont dépensé l'argent.
Ils se plaignent de ce que la mine leur
a fait, mais c'est eux qui l'ont voulu.
On se retrouve dans une position très
précaire.
Ils nous détruisent et ils veulent nous
chasser.
Si la mine continue de s'étendre, les
habitants de la région seront-ils
contraints de fuir à nouveau leur terre
natale 30 ans après la guerre de Bosnie,
mais cette fois pour des raisons
économiques ? Des familles qui ont mis
30 ans à se bâtir une existence modeste.
Les traces du conflit sont encore
visibles. La guerre a fait 100000
victimes, majoritairement des bosniaques
musulmans.
Lorsque l'ancien état multinational de
Yougoslavie s'est effondré, les Serbes
et les Croates se sont d'abord affrontés
pour la suprématie avant que les
musulmans de Bosnie ne deviennent la
cible principale.
Les cimetières et monuments
commémoratifs de presque chaque ville et
chaque village en témoignent.
[musique]
Aujourd'hui, les Serbes représentent 30
% de la population de la Bosnière
zeggovine dont environ 1 million vivent
dans la République Soupska. Cette entité
autonome a été créée dans le cadre de
l'accord de paix de Dayton qui a mis fin
à la guerre de Bosnie en 1995.
La communauté serbe commémora elleit
aussi la guerre.
Elle est riche dans le centre de sa
capitale Banala, un imposant mémorial
dédié à ses soldats et civils morts et
disparus.
C'est aussi dans cette ville que se
trouve le siège d'une ONG qui œuvre pour
la protection de l'environnement
indépendamment des appartenances
ethniques.
Draganosit et son réseau surveillent de
près la mine de Sans Skimost.
Ce charbon n'est pas destiné à alimenter
les centrales thermiques de Bosni
Herzegovine.
Il est integralement envoyé en Serbie
exporté vers d'autres pays.
Tout le monde sait que les propriétaires
de l'entreprise font déjà l'objet de
procédure judiciaire en Croatie
dans certaines régions où ils ont opéré,
il serait parvenu à contourner des lois
et à causer des dommages à
l'environnement.
Concrètement, certaines mesures prévues
dans le cadre de la loi sur l'usage de
l'eau ne serait pas respecté.
Draganit nous explique sa position
concernant une éventuelle adhésion de la
Bosnie à l'Union européenne.
Des policiers ont autorisé de façon plus
ou moins douteuse la circulation des
camions.
Les dirigeants de ces entreprises qui
réalisent d'énormes profits n'ont
évidemment aucun intérêt à ce que la
Bosnie rejoigne l'Union européenne qui a
une réglementation stricte.
Celle d'ici est bien plus avantageuse
pour eux.
Ils peuvent influencer les décideurs et
contourner la loi pour augmenter leur
profit.
De manière générale, on extrait encore
beaucoup de charbon en Bosnie.
Dans cette région, il y a encore
beaucoup de mines. Zenitza,
Banovici,
Brazia, Travnik.
La situation ne s'améliorera que quand
on aura complètement renoncé au charbon.
[musique]
Près de tout cela, la mine à ciel ouvert
de six couliers est toujours en
activité.
Ici, c'est l'État bosnien qui exploite
l'une des rares richesses du pays.
[musique]
Le mécanicien Mammou Osmanovic et ses
collègues assurent le transport avec des
locomotives construites en Allemagne il
y a plus de 80 ans. Ces dernières ont
été déployées sur le front de l'Est
pendant la Seconde Guerre mondiale, puis
dans le cadre de l'occupation de la
Yougoslavie.
Les machines les plus robustes sont
restées sur place après la fin du
conflit.
Ce sont des locomotives de la série 33.
Il y en avait une quinzaine dans la mine
de KCK. Elles ont été construites en
Allemagne à Manim.
Ce sont d'excellentes machines
et c'est dommage qu'elle se soit
dégradée à ce point faute d'entretien.
Certaines locomotives ont déjà été mises
hors service et sont désormais reléguées
sur une voie de garage.
L'entretien du parc restant n'est pas
une tâche facile. Il n'existe plus de
pièces de rechange depuis des décennies
et chaque réparation représente un
véritable défi pour les ouvriers.
Sans filtre, les vieilles machines
rejettent de la poussière de charbon et
polluent l'environnement.
[musique]
[musique]
Je ne sais pas ko dire. [musique]
Ce n'est pas bien point de vue ekologik.
Dobre.
Mais c'est comme ça
le mécanicien peut tirer ou pousser
jusqu'à 50 wagons avec sa locomotive qui
pèse 140 tonnes. Pour une journée de
travail qui peut durer 16 he consomme 3
tonnes de charbon qui sont extraites sur
place.
Au terminal de chargement, Americ veille
à ce que les wagons soient correctement
remplis.
Il faut 3 minutes pour charger un wagon.
Ça dépend de la quantité et de la
densité du charbon.
Parfois ça prend moins de temps,
mais en général il faut compter 3
minutes.
Un wagon ne doit pas contenir plus de 40
tonnes sinon il est surchargé.
Il faut environ une heure pour charger
20 wagons. En général, j'accroche 20
wagons à la loco.
Malgré leur âge, les locomotives peuvent
transporter 2000 tonnes de charbon. Les
résidus sont ensuite brûlés dans la
centrale électrique située à quelques
kilomètres de là. Beaucoup de mécanaux
ont travaillé toute leur vie avec la
locomotive de la série 33.
J'ai conduit cette locomotive pendant 43
ans. Grâce à elle, j'ai pu assurer ma
retraite, financer les études de mes
enfants et construire ma maison. Elle a
joué un rôle essentiel dans ma vie.
Même si ces vieilles locomotives ne
répondent pas aux normes
environnementales européennes, elles
circulent sur un réseau ferroviaire
fonctionnel et n'endommage pas les
routes.
De plus, le charbon reste dans le pays
et approvisionne la population locale.
La situation est tout autre dans la mine
près de Sans Skimost. L'entreprise Lager
aurait réalisé 160 millions d'euros de
chiffre d'affaires en 2020 grâce à
l'exportation du charbon bosnien vers la
Serbie et d'autres pays pour moins d'un
demi million d'euros de redevance
minière.
On constate [musique] de plus en plus
les dommages que cause cette
exploitation à la nature et à
l'environnement.
Enes Tatalovic [musique] enquête à
propos d'une information alarmante
provenant d'un village voisin où les
habitants n'ont plus d'eau.
Les sources situées en aval de la mine
semblent affecter. Elles alimentent la
rivière qui est une artère vitale pour
la population.
[raclement de gorge]
C'était une source dont dépendait cinq
villages.
Ce bassin était plein d'eau. Maintenant
il est vide. Tamo preko je išla ova lle
jambe.
Znači
otuda voda ilen tu vodašla ovo.
Les e de plusieurs sources se rejoignai
dans ce collecteur. Les habitants
avaient construit à moindre coût une
infrastructure complexe pour assurer
leur propre approvisionnement en eau.
Une eau qui a désormais disparue.
Selon Enes Tatalovic, ce serait dû aux
travaux réalisés au fond de la mine.
Ils font sauter des explosifs là-bas
et personne ne contrôle combien ils en
utilisent
ni profondeur.
Ils ont probablement touché quelque
chose.
a sûrement été dévié.
Ce qui ressemble à un paysage idylique
est en réalité un lac artificiel
alimenté par l'eau provenant de la mine
à ciel ouvert. Les habitants ne savent
pas exactement ce qu'il se passe sous
terre.
Ils entendent des explosions la nuit et
découvrent le lendemain de nouveaux
cours d'eau, des déversements improvisés
et des laxes artificiel.
Les exploitants de la mine affirment que
l'assèchement des sources aurait
d'autres causes.
La compagnie des eaux prétend que c'est
dû à la sécheresse, mais il y en a
toujours eu. Cette source là-haut existe
depuis au moins 300 ans et elle n'a
jamais tari. J'ai 70 ans et j'ai connu
d'autres périodes de sécheresse.
La cascade de la rivière Bl est la
principale attraction touristique de la
région. Des dizaines de milliers de
visiteurs viennent chaque année admirer
ce spectacle naturel.
L'eau chute de 50 m de haut tant que les
affluents ne tarissent pas.
Ce qui les intéresse, c'est d'empocher
de l'argent.
Il se moque complètement des paysans du
coin.
Les 1400 habitants de Skoan Vakouf
figurent parmi les victimes.
Leur village n'a déjà plus d'eau.
Plusieurs dizaines de foyers et quelques
exploitations agricoles sont touchées.
Zarfia Meic et Celia Avdich doivent
malgré tout s'occuper du bétail, mais
elles sont frustrées par des années de
conflit avec la mine.
On est peu nombreux à se battre. On a
essayé mais on n'y est pas arrivé.
Ils continuent leur exploitation. On
doit vivre de notre agriculture comme on
a toujours fait. On verra combien de
temps on tiendra.
Maintenant, c'est l'eau et d'autres
choses qui posent problèmes.
Celia Avdit a vécu 5 ans en Allemagne
pendant la guerre de Bosnie dans un
petit village qui pratique l'agriculture
et l'élevage.
Contrairement [musique] à d'autres
jeunes, elle n'y est pas restée. Elle a
préféré retourner en Bosnie pour
perpétuer [musique] la tradition
familiale.
On vit de l'agriculture et la poussière
n'est pas bonne pour l'herbe.
[musique]
On la fauche tout l'été pour nourrir les
vaches.
[musique]
Tout est empoisonné ici.
Même l'eau.
Ça fait 6 ou 7 jours qu'on a plus d'eau
dans le village.
Sea et son mari [musique]
exploitent les champs et les prairies
qu'ils ont hérité de leur famille. Mais
l'avenir leur semble [musique]
incertain.
Je vis depuis environ 21 ans dans le
village de Skoan Vakouf.
Les terres qu'ils n'ont pas encore
détruit m'appartiennent.
On n'a pas voulu les vendre.
C'est dommage que d'autres les fait.
Maintenant tout meurt parce qu'ils
détruisent tout. Mais c'est leur faute.
La terre leur appartient, ils peuvent en
faire ce qu'ils veulent.
On n plus que des spectateurs et on
verra combien de temps on tiendra.
Le chauffeur de bus Samir Barry vite à
Skoan Vakouf à une vingtaine de
kilomètres de la capitale régionale
Sansskimost.
Il possède un petit terrain qu'il refuse
catégoriquement de vendre.
Ma parcelle est tout près de la mine.
Je ne crois pas qu'ils viendront
jusqu'ici mais si jamais ils atteignent
mon terrain, je ne tiendrai là et je ne
les laisserai pas faire.
Je suis né ici.
Mon père vivait ici. Mon grand-père
aussi.
Ils sont morts et enterrés ici.
Ce sera pareil pour moi.
Peu importe ce qu'ils feront, je
continuerai à me battre contre eux.
Aussi parce qu'il y a toute cette
poussière. Le charbon s'enflamme. Pas
seulement en quelques occasions, ça
arrive tout le temps. Ils appellent ça
des déchets de charbon. Je ne sais pas.
Jusqu'à présent, l'exploitant de la mine
a toujours essayé de convaincre
individuellement les propriétaires de
vendre afin d'obtenir de plus grandes
surfaces.
Mais beaucoup dépendent de leur champ et
de leur pâturage comme le bergerzud
Mich.
Salut. Où sont les autres moutons ?
Lesquels ? Ils sont tous là. Oui,
les 150 sont là.
Oui,
Samir Barry passe la majeure partie de
la journée sur la route tandis que des
personnes comme le berger Mzou et ses
collègues sont constamment exposé au
danger de la mine tout comme leurs
animaux.
Plus bas, il y a de la poussière quand
on passe par là.
C'est un problème affecte tout.
Làhaut au-dessus de la forêt, on voit
bien la poussière,
mais ça ne préoccupe personne.
Je ne peux pas simplement abandonner mes
terres.
J'ai d'autres parcelles plus loin
que je ne cere.
On aurait dû réagir
peu importe comment en s'allongeant
devant les pelles mécaniques pour les
empêcher de travailler.
Le berger trouve encore des pâturages
pour ses animaux et de loin la nature et
l'environnement semblent intacte. La
mine se cache encore dans ce paysage
digne d'une carte postale.
Seul les teriles commencent à émerger en
marge de ce tableau.
Mais pour les habitants des villages
environnants, une chose ne fait plus
aucun doute.
Il n'y a pas de vrai gagnant.
Je ne peux pas citer de nom,
mais certaines personnes en ont profité.
Tout le monde le sait à sans skost,
c'est sûr à 100 % mais personne n'en
parle.
Samir et sa femme Beiza ne font pas
partie des gagnants.
Les jours de beau temps, ils profitent
de leur joli village tant qu'ils ne
tournent pas les yeux vers le sud.
Ask follow-up questions or revisit key timestamps.
Le documentaire expose les conséquences environnementales et sociales désastreuses de l'exploitation intensive d'une mine de charbon à ciel ouvert par la société internationale Lager en Bosnie, près de Sanski Most. Malgré les bénéfices considérables générés par l'exportation du charbon, les riverains subissent une pollution chronique de l'air et de l'eau, la destruction des terres agricoles et des infrastructures routières, tout en percevant des compensations financières dérisoires. Le reportage met en lumière la lutte inégale des habitants pour préserver leur mode de vie et leurs terres face à une entreprise puissante qui contourne les réglementations avec la complicité tacite des autorités.
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