HomeVideos

Brexit : le regret après le vote | ARTE Regards

Now Playing

Brexit : le regret après le vote | ARTE Regards

Transcript

699 segments

0:01

[musique]

0:08

[musique]

0:12

J'aime vivre à Boston.

0:14

J'aime bien la mixité des habitants ici.

0:20

Mais c'est une ville assez pauvre. Les

0:23

gens ont du mal à joindre les debouts.

0:28

Andy est retraité.

0:31

Le vendredi, il va [musique] parfois

0:33

tenter sa chance à la loterie.

0:43

Mais quel lieu splendide pour jouer au

0:44

bingo !

0:46

Allons voir si c'est l'heure de gagner

0:47

de l'argent.

0:51

20 livres pour une ligne, 30 livres pour

0:54

deux lignes et 100 livres pour la grille

0:56

complète.

0:58

Les gens d'ici espéraient que le Brexit

1:00

changerait les choses et améliorerait la

1:03

situation.

1:06

Est-ce que tout le monde est prêt pour

1:07

commencer ?

1:11

Double 3 33

1:16

2 20. Merci.

1:21

J'ai voté Brexit. J'espérais que la

1:23

Grande-Bretagne reprenne son destin en

1:25

main. Andy a voté Brexit comme 75 % des

1:29

habitants de sa ville Boston.

1:33

Est-ce que le Brexit a été payant ? En

1:35

tout cas, monsieur et madame tout le

1:36

monde, eux n'ont rien gagné. Ils n'ont

1:38

rien vu changer. Le Brexit, c'est un

1:40

paris qu'on a perdu.

1:46

[musique]

1:57

[musique]

1:59

Andy et sa femme Carole sont arrivés à

2:02

Boston en 2013.

2:06

Et oui, c'est toujours fermé. Il n'y a

2:08

personne pour reprendre. En 10 ans, ils

2:11

ont vu leur ville changer.

2:13

Comme le reste de l'Angleterre, Boston

2:16

accumulé la pandémie puis la crise de

2:18

l'énergie et le Brexit alourdit encore

2:21

le fardeau des habitants. L'inflation

2:23

est à un niveau jamais atteint depuis 40

2:25

ans.

2:28

Je vous prends quelques raisins.

2:30

Vous avez besoin d'un sac ?

2:32

Non, merci. Voilà.

2:36

Pas trop compliqué d'avoir des légumes

2:37

en ce moment ?

2:38

Ça va. On manque de produit espagnol

2:40

mais on trouve qu'on met le prix.

2:45

Bonjour, je vous prends ça et ça aussi.

2:51

320 mon mignon. Oh pardon.

2:54

Oui, ça a augmenté.

2:57

Tout devient de plus en plus cher. 3

3:00

livres 20 pour un brocoli et quelques

3:01

carottes. Ça aurait coûté environ 2

3:04

livres et demi il y a un an.

3:09

Tout le monde souffre ici. Il y a de

3:11

plus en plus de gens qui doivent aller à

3:13

la banque alimentaire.

3:19

[musique]

3:25

[musique]

3:30

[musique]

3:35

[musique]

3:37

Andy était cheminot, Carole commerçante.

3:41

En 2013, il décide de quitter Londres et

3:44

sa vie chère pour cette ville populaire

3:46

où ils peuvent enfin s'offrir leur

3:48

petite maison.

4:01

Oh, tu me fais un café, c'est adorable.

4:04

Merci beaucoup.

4:05

Mais ils ne savent pas qu'ils posent

4:06

leurs valises dans une ville au bord de

4:08

la rupture.

4:12

La maison que vous voyez, nous l'avons

4:14

acheté 175000 livres. À ce prix-là, on

4:18

aurait à peine pu s'acheter un garage

4:19

dans les sexes.

4:22

On est arrivé ici un peu par hasard en

4:23

fait. On cherchait à déménager, on a vu

4:26

cette annonce, on a aimé la maison et on

4:28

s'est installé.

4:30

On dit c'était un peu renseigné sur la

4:32

région.

4:34

C'est vrai que toutes les villes ont

4:35

leurs problèmes,

4:37

mais Boston a grossi si vite. Sa

4:39

population a explosé en quelques années

4:43

et ici, nous n'avons pas été capable de

4:45

développer les services publics pour

4:47

accompagner la croissance.

4:49

Les cabinets médicaux, les hôpitaux, les

4:51

écoles, tout est complètement saturé.

4:57

C'est ça qui a mis la ville sous

4:58

tension.

5:03

[musique]

5:04

Aucune ville du royaume n'a voté plus en

5:07

faveur du Brexit que Boston.

5:10

Les anglais l'ont même rebaptisé

5:12

Brexitland.

5:14

À 3h de route au nord de Londres, la

5:17

ville est cernée par les champs.

5:19

Une terre d'abondance où pousse la

5:21

majorité des légumes et des fleurs du

5:23

pays.

5:27

En 2003, les pays Baltes, la Pologne, la

5:30

Hongrie entre autres intègrent l'Union

5:32

européenne.

5:35

Boston devient un Eldorado pour les

5:37

travailleurs d'Europe de l'Est.

5:41

Quand les anglais choisissent le Brexit

5:43

en 2016, un habitant de la ville sur 10

5:46

est étranger.

5:49

La vague migratoire a fait naître ici un

5:51

fort sentiment de déclassement.

5:55

7 ans après le vote, le Royaume-Uni se

5:57

débat avec ses conséquences

6:01

et le Brigrette, ce sentiment de regret

6:04

postbre Brexit gagne le pays jusqu'à

6:06

Boston, l'épicentre de la défiance

6:09

antie-européenne.

6:14

À bientôt. Bonne soirée.

6:19

[musique]

6:28

Antoine Danny est lui aussi bostonien

6:30

d'adoption.

6:32

Il est aujourd'hui l'une des figures de

6:34

la ville.

6:38

Ah oui,

6:39

vous avez besoin d'aide.

6:42

Est-ce que vous allez bien ? Salut

6:43

Antoon. Vous allez bien

6:44

? Très bien. Très bien. Merci Mustapha.

6:47

Anton est connu de tous comme un fervant

6:49

défenseur du Brexit.

6:52

Je voulais te demander Mustapha, est-ce

6:54

qu'on peut trouver des tomates en ce

6:55

moment ?

6:56

Non, c'est pas simple.

6:58

Tout est très cher.

6:59

Oui, c'est cher.

7:00

Est-ce que c'est à cause du Brexit ?

7:06

Je crois pas que ce soit à cause du

7:07

Brexit.

7:09

Je suis d'accord avec toi. Je sais pas

7:10

trop ce qui se passe. Allez, merci. À

7:12

bientôt, Mustapha. Ah essay

7:17

Anton tient un café sur la place

7:19

principale de Boston. Le café de Paris.

7:23

Un drôle de nom pour un lieu qui pendant

7:25

la campagne est devenu le QG des

7:27

partisans de la sortie de l'Union

7:29

européenne.

7:33

Il y a deux souvenirs ici que je garde

7:35

précieusement.

7:37

Ce sac qui a été créé spécialement pour

7:39

la campagne,

7:45

nos poissons sont à nous. Sauvons les

7:48

poissons de nos eaux

7:50

et de l'autre côté non au marché unique

7:53

avec le drapeau européen.

7:59

Et je vais vous montrer celui que je

8:01

préfère. C'est une pub pour le camping

8:03

et on l'a modifié en ajoutant Brexit. La

8:06

grande évasion.

8:08

Bon, on ne s'est pas encore vraiment

8:10

évader.

8:11

Anton a voté Brexit pour stopper

8:14

l'immigration à Boston. Paradoxal, vu

8:17

son parcours. Né au Maroc, il a étudié

8:20

en Europe avant de s'installer en

8:22

Angleterre en 1994.

8:27

Mais vu votre parcours, comment

8:28

avez-vous géré cette campagne ?

8:31

Moi, je ne me compare pas avec les

8:32

groupes de migrants de l'Est qui

8:34

viennent ici sans travail.

8:37

Moi, je suis venu à Londres pour passer

8:39

Noël avec des amis

8:42

et on m'a proposé un travail de manager

8:43

d'un restaurant.

8:46

Donc, j'ai pris le boulot et je suis

8:47

resté.

8:51

Et en 1996, [raclement de gorge]

8:53

je rencontrais ma femme.

8:56

Ici, on ne peut pas accueillir tout le

8:58

monde. On veut bien accueillir ceux qui

9:00

viennent pour travailler, pas ceux qui

9:02

viennent pour abuser du système.

9:05

[musique]

9:12

[musique]

9:15

2 ans ont passé depuis la mise en œuvre

9:17

du Brexit.

9:19

Comment ça va ? Tu vas bien ?

9:22

Je laisse la monnaie ici.

9:24

OK, merci.

9:25

Au café, les rapport avec l'Europe

9:27

restent au cœur des discussions de

9:29

comptoir.

9:30

Tu as vu Richy Soak, il bosse un nouveau

9:33

protocole.

9:38

Oui, je pense qu'il peut faire du bon

9:39

boulot. Oui, moi aussi. Parce qu'il

9:42

essaie de mettre de l'huile dans les

9:44

rouages entre l'Union européenne et le

9:46

Royaume-Uni.

9:49

Dans cette écrasante majorité

9:51

d'habitants qui ont choisi le Brexit,

9:55

tous ne l'ont pas fait pour les mêmes

9:56

raisons.

9:59

[musique]

10:03

Salut Andy.

10:08

Bonjour mademoiselle, vous allez bien ?

10:09

J'ai un peu froid. Oui, je vois ça.

10:13

Je vous sers quelque chose à boire ? Un

10:15

allongé, ce serait super parce que c'est

10:17

toi qui fait le meilleur café du

10:18

quartier.

10:20

Ah merci Andy, tu me flattes. Et Carole,

10:23

je vous fais un thé.

10:28

C'est comme ça. Mais pour moi, je

10:31

voulais juste être hors de la grande

10:32

organisation de l'Europe. 27 pays, être

10:35

autonome, mieux gérer son argent, tout

10:38

ça. Je m'étais pas rendu compte que

10:39

Boris allait écrire une si mauvaise

10:41

blague là-dessus. [rires]

10:44

C'est bien le problème. Est-ce que les

10:46

gens sont heureux en ce moment ? Non. Je

10:48

crois que les habitants de Boston ont

10:50

perdu leurs illusion sur la classe

10:52

politique.

10:53

Tiens, je vais te poser une question.

10:57

Disons qu'on rejouerait le vote demain.

10:59

Tu penses que le Brexit passerait à

11:01

nouveau

11:04

à Boston ou à travers le pays ? À

11:06

travers le pays. Je pense qu'on voterait

11:08

contre le Brexit cette fois. Et vous,

11:10

vous feriez quoi ? Moi, je reste sur ma

11:13

position. Je suis un homme de principe.

11:15

Je ne change pas d'avis. Je suis

11:17

satisfait de mes décisions et je crois

11:19

que si nous avions eu de meilleurs

11:21

gouvernants,

11:23

on aurait eu un meilleur Brexit.

11:29

Quand j'ai fait campagne pour le Brexit,

11:32

je l'ai fait avec des arguments logiques

11:35

pour le contrôle des frontières

11:37

et j'y crois encore. Le contrôle de nos

11:40

frontières est un droit fondamental,

11:44

mais nos frontières sont encore

11:45

ouvertes, donc il n'y a pas de quoi

11:46

célébrer une victoire.

11:49

On célébrera quand les choses auront

11:50

changé sur le terrain.

11:54

Ce discours selon lequel l'immigration

11:57

aurait chamboulé la vie des Bostoniens a

11:59

fait recette.

12:02

Comment allez-vous ?

12:03

Et vous ?

12:04

Très bien, merci.

12:05

En 2018, Anton a accédé aux plus hautes

12:08

fonctions de la ville. Une première à

12:10

Boston pour un citoyen né à l'étranger.

12:14

Voilà, c'est le fauteuil du maire. C'est

12:16

là que j'ai siégé pendant 2 ans.

12:20

Quand j'allais à des cérémonies,

12:23

les gens me regardaient et me demandait

12:26

Anton, d'où êtes-vous ? Êtes-vous

12:28

italien ? Espagnol ? Non, mais je suis

12:32

le premier maire non britannique de

12:34

Boston.

12:37

Et là, comme vous voyez, il y a la liste

12:39

des mers de la ville.

12:41

Ça commence au 19e siècle et ça va

12:44

jusqu'au bout avec mon nom deux fois.

12:48

À chaque fois que j'étais assis ici et

12:51

que nous débattions, je regardais mon

12:53

nom et je me disais que c'est quelque

12:56

chose qui restera dans l'histoire de

12:57

Boston.

13:00

J'aurais adoré que ma mère et mon père

13:01

soient vivant pour voir ça. Ils auraient

13:03

été fiers de ce que j'ai accompli.

13:07

Aujourd'hui, Anton est encore conseiller

13:10

municipal dans une équipe qui reste

13:12

majoritairement conservatrice.

13:27

Boston [musique] compte une autre figure

13:29

récemment installée, la révérande

13:35

originaire de Manchester, elle a

13:37

parcouru le monde pour l'église

13:38

méthodiste

13:40

avant que sa hiérarchie ne l'envoie ici.

13:46

Val a été nommé en 2018, 2 ans après le

13:49

Brexit.

13:52

Bonjour, elle a voté contre.

13:56

Je suis né dans les années 60

13:59

et pour moi l'idée d'une communauté

14:01

européenne est quelque chose de

14:02

précieux.

14:04

J'ai grandi avec ça et j'ai toujours

14:06

pensé que cette idée fleurirait avec le

14:08

temps, mais pas que cela deviendrait

14:11

pire.

14:13

[musique]

14:24

Bonjour, je suis ravie de vous voir.

14:27

Chaque dimanche, la révérende accueille

14:29

à l'église une quarantaine de fidèles

14:32

qui a priori ne partagent pas ses

14:33

opinions.

14:36

[musique]

14:38

Mon église m'a placé ici en me disant

14:41

qu'il fallait un représentant qui ferait

14:43

de son mieux pour construire une

14:45

communauté solide.

14:47

Malgré les divergences autour du Brexit.

14:53

Bonjour à tous.

14:55

Je ne vais pas rester au pupitre ce

14:56

matin.

14:58

À Boston, la messe est une bulle hors du

15:01

temps. L'un des rares moments où la

15:04

politique n'a plus sa place.

15:09

Aujourd'hui, je vais laisser la place à

15:10

Eva qui va assurer le prêche du jour.

15:14

Par la grâce de Dieu, nous prions.

15:17

Amen.

15:29

Je pense que l'église essaie de rester

15:31

cohérente, Brexit ou pas Brexit.

15:34

Nous avons un message d'amour à

15:35

partager, un message qui ne change pas.

15:39

Pourtant, Brexit et Amour ne font pas

15:42

toujours bon ménage. À l'heure du thé,

15:45

après la messe, le sujet reste sensible,

15:48

voire tabou. Cet épisode a laissé des

15:51

traces dans les familles de Boston.

15:56

Mon mari a voté en faveur du Brexit,

15:59

principalement parce qu'il travaillait

16:00

dans une usine qui employait beaucoup de

16:03

migrants

16:06

et c'était pas trop compliqué à la

16:07

maison.

16:08

[rires]

16:12

Bon, disons qu'on était d'accord sur le

16:14

fait de pas être d'accord.

16:16

Ah oui, je je crois que je peux leur

16:18

pardonner au Brexitur, enfin à tous sauf

16:20

à Boris Johnson. Lui, je ne peux rien

16:23

lui pardonner. [rires]

16:26

Ah, le voilà, il est là le Brexiter.

16:29

[rires]

16:30

Vous n'assumez plus votre vote.

16:33

Moi, je venais d'être à la retraite et

16:35

j'étais énervé.

16:37

Il y avait eu tellement de travailleurs

16:38

européens qui étaient arrivés que j'ai

16:40

vu mon salaire s'effondrer. C'est pour

16:42

ça que j'étais en colère.

16:48

Si je devais revoter aujourd'hui, je

16:50

voterai pour rester dans le lieu.

16:53

Donc vous l'avez convaincu au final.

16:55

Oui, oui et oui.

17:02

C'est vrai que c'est difficile ici

17:05

et je crois que c'est à cause des

17:07

messages contradictoires qu'on reçu les

17:09

gens.

17:11

Quelqu'un comme moi de l'église dira aux

17:14

Bulgares, aux roumains ou aux Polonais,

17:17

"C'est fantastique que vous soyez ici

17:19

avec nous. Construisons cette ville

17:21

ensemble."

17:24

Mais il y a eu aussi le message

17:25

politique qui disait clairement partez,

17:28

ne restez pas là. Donc comment

17:29

voulez-vous qu'on y comprenne quelque

17:31

chose entre le message de l'église et le

17:33

message politique ? Et c'est vrai que

17:36

cela rend ma mission assez compliquée.

17:39

[musique]

17:49

Andy est un romantique. Pour la journée

17:52

de la femme, il aimerait marquer le

17:54

coup.

17:59

À à peine 5 minutes de voiture de

18:01

Boston, tu te retrouves dans le jardin

18:03

de l'Angleterre. C'est comme ça qu'on

18:04

appelle le Lincoln Shire.

18:06

Les tulipes sont les fleurs préférées de

18:08

Carole.

18:10

C'est aussi une des spécialités des

18:11

horticulteurs de la région.

18:15

C'est chez l'un de ses producteurs Candy

18:17

vient acheter directement son bouquet.

18:22

Ça part pour une grande surface ça ou

18:24

c'est emballé pour les particuliers ?

18:28

Ça ça part pour les grandes surfaces et

18:30

les gares.

18:35

Mais j'ai celle-ci pour vous.

18:39

Je crois que je vais prendre les

18:39

violettes. Non.

18:43

Les exploitants agricoles aussi ont

18:45

senti le Brexit passer.

18:48

Yann, le patron, a toujours acheté ses

18:50

bulbes en Hollande. Depuis la sortie de

18:53

l'Union, il doit gérer une montagne de

18:55

démarches administratives. Mais surtout,

18:58

les travailleurs sont beaucoup moins

18:59

nombreux et la concurrence de plus en

19:02

plus rude.

19:04

Le plus gros problème ici, c'est le

19:05

recrutement. Les gars ne se sentent plus

19:07

les bienvenus au Royaume-Uni. Donc, ils

19:10

sont rentrés chez eux auprès de leurs

19:11

familles et de leurs amis. Et on peut le

19:13

comprendre, mais plus personne ne

19:15

revient maintenant.

19:17

Pour certains producteurs qui ont besoin

19:18

d'énormément de travailleurs pendant une

19:20

courte période, ça devient trop

19:22

compliqué. Il n'y a personne à recruter.

19:25

Je connais des exploitations qui ont dû

19:26

stopper leur production à cause de ces

19:28

problèmes de main d'œuvre. Aujourd'hui,

19:31

il change pour des cultures qui sont

19:32

plus faciles à mécaniser.

19:38

Pour nous, les gens de Boston, c'est

19:40

difficile de reconnaître qu'on s'est

19:42

trompé parce qu'on a pris la décision de

19:44

partir et c'est comme s'il fallait s'y

19:46

accrocher. On croise les doigts, on

19:49

croise les orteils en espérant qu'un

19:51

jour ce qu'on attendait du Brexit arrive

19:53

vraiment, qu'un jour un gouvernement

19:55

trouvera la solution à la question de

19:57

l'immigration.

19:59

Mais je pense qu'aucun pays au monde n'a

20:01

la réponse à cette question.

20:03

Le monde est devenu plus petit

20:05

maintenant et pour moi, il faut

20:07

apprendre à vivre avec.

20:20

Suite au Brexit et à la pandémie, près

20:23

de 600000 ressortissants étrangers ont

20:25

quitté le Royaume-Uni.

20:30

Et voilà le lait pour mademoiselle.

20:32

Mais ce n'est pas suffisant pour les

20:33

habitués du café d'Anton qui attendait

20:35

du Brexit, une solution miracle.

20:41

Vous comprenez quelque chose aux

20:42

nouvelles règles d'immigration vous ?

20:45

Est-ce que ces gens ont un visa ? Je ne

20:47

comprends pas.

20:50

Moi, je laisse tomber. Un pays du

20:51

Tiermonde. Une ville du Tiermonde. Voilà

20:53

ce qu'on est maintenant.

20:58

Mais c'est ça le problème que devait

20:59

résoudre le gouvernement ? Non, il faut

21:01

être plus clair. Si tu as un travail, tu

21:03

viens. Sinon, on ne te donne pas de

21:04

visa.

21:06

Selon un sondage récent, Boston est la

21:09

dernière ville à penser que le

21:10

Royaume-Uni a eu raison de quitter

21:12

l'Europe,

21:14

mais la tendance est en train de

21:15

s'inverser, même chez Anton.

21:22

Tu crois qu'on ira à Skegnes vendredi

21:24

pour ton rendez-vous ? Non

21:26

non, onira pas, on aura pas le temps.

21:30

Sa femme Maria est née en Pologne et

21:33

l'un de ses fils étudie en Suède.

21:38

Comment c'était ton voyage en Allemagne

21:39

à Berlin ?

21:41

Ouais, c'était bien, nickel.

21:44

Et le concert ?

21:46

C pas mal.

21:48

Ta mère m'a rendu dingue hier. Il n'a

21:50

pas appelé. Il n'a pas appelé, il n'a

21:51

pas appelé. Et tout de suite ce matin,

21:53

elle m'a dit "Oh, c'est bon, il m'a

21:54

envoyé un message, ça va."

21:56

Quand elle est né, il étudie les

21:58

sciences politiques.

22:01

Alors, ça fait quoi d'avoir un père pro

22:03

Brexit ?

22:06

comme ça, on ne choisit pas ses parents.

22:11

Mais ma mère est polonaise,

22:13

donc je bénéficie [raclement de gorge]

22:15

toujours des avantages d'un passeport

22:16

européen.

22:21

Il n'y a rien que vous puissiez dire à

22:22

quelqu'un qui croit au Brexit et qui

22:24

croit que les bons résultats vont finir

22:26

par arriver.

22:28

Regardez, il n'y a plus de fruits et

22:30

légumes en ce moment.

22:32

Les gens disent que c'est dû à la météo

22:34

en Europe.

22:37

Mais quand vous regardez un supermarché

22:38

européen, les rayons fruits et légumes

22:41

sont pleins. Non.

22:43

[rires]

22:44

[grognement]

22:45

Alors, pourquoi ils sont vides ici ? Et

22:47

où sont passés les 350 millions de

22:49

livres qui devaient revenir à l'hôpital

22:51

public ? Presque tout ce Brexit n'était

22:55

qu'un mensonge.

22:57

C'est vrai que rien n'a changé. On a

22:59

même plus de contraintes qu'avant le

23:01

Brexit. Moi, j'ai voté Brexit parce

23:03

qu'on m'a vendu un truc, mais je sais

23:05

aujourd'hui que c'était un mensonge.

23:09

Donc, vous regrettez votre vote

23:11

aujourd'hui ? Oui, bien sûr que je

23:13

regrette. Que se passe-t-il dans ma

23:14

maison ? Arrête, tu le sais très bien

23:16

ça. Bon, tes affaires seront prêtes en

23:19

rentrant. Allez, je vais jouer au foot

23:21

avec mes amis. [raclement de gorge]

23:23

Ouais, à plus. Intérêt à gagner.

23:28

[musique]

23:38

Depuis la pandémie, la révérende Val

23:41

propose des prêches en ligne pour

23:43

maintenir le lien avec ses fidèles.

23:47

[chant]

23:55

Wonderful God. Dieu est grand. Que son

23:58

esprit traverse le royaume des montagnes

24:01

jusqu'à la mer.

24:03

Aujourd'hui, nous sommes le premier

24:05

mars. Alors, je vous souhaite à tous une

24:07

joyeuse Saint-David.

24:10

À Boston, nous avons parlé à des gens

24:12

qui nous disaient qu'il regrettait leur

24:13

vote. Est-ce que c'est aussi votre cas ?

24:23

Moi, je suis toujours sur cette

24:24

position.

24:27

Et vous pensez toujours que c'était la

24:28

bonne option ?

24:30

Oui, car Bruxelles nous imposait de

24:33

nouvelles règles et même si elle n'était

24:35

pas toujours appliquée ici, c'est eux

24:37

qui décidaient pour nous.

24:42

Je pense qu'il faudra encore 5 ou 6 ans

24:45

pour vraiment savoir si c'était le bon

24:47

choix ou pas.

24:52

On devrait plus souvent organiser un

24:54

meeting politique avant nos prières, non

24:55

? Merci à tous. Au revoir, à très

24:58

bientôt.

25:00

La religion perd du terrain à Boston

25:02

comme dans tout le pays.

25:05

Mais il y a un rendez-vous pour lequel

25:07

va la moins de mal à réunir du monde, la

25:10

distribution de nourriture.

25:13

Le Royaume-Uni compte aujourd'hui 14

25:15

millions de pauvres, un britannique sur

25:17

5.

25:21

Tu devrais venir le dimanche.

25:23

Ça fait des années que je viens dans le

25:25

coin et je ne suis jamais entrée dans

25:26

l'église.

25:29

Waouh

25:29

!

25:31

Vous allez manger ? Oui, on va juste

25:32

faire un tour et on revient dans 5

25:34

minutes. OK. On va faire la prière

25:36

maintenant.

25:40

Bonjour à tous.

25:42

Est-ce que vous allez bien ?

25:45

Levez les pouces en l'air.

25:49

Nous sommes ravis de vous accueillir

25:51

aujourd'hui.

25:53

Certains d'entre vous connaissent très

25:54

bien notre église. Bienvenue à nouveau

25:59

et peut-être que certains d'entre vous

26:00

viennent pour la première fois. Je vous

26:03

souhaite la bienvenue. Notre église est

26:05

ouverte à tous. Maintenant, disons une

26:07

prière pour bénir la nourriture. Prions

26:10

ensemble.

26:14

Nous te remercions Jésus. Amen.

26:21

Les carottes, c'est un producteur du

26:23

coin qui nous les donne. Il est juste à

26:25

côté à la sortie de Boston.

26:27

Et les saucisses, c'est l'un de nos

26:28

bouchers locaux, celui du marché de

26:29

Boston. Tout est local et bien frais.

26:36

Depuis quelques mois, les repas sont

26:38

distribués tous les mercredis grâce au

26:40

dons et aux bénévoles.

26:46

Beaucoup de gens ne pourraient pas s'en

26:47

sortir si nous ne faisions pas ces

26:48

distributions. Dans cette banque

26:50

élimaire, comme dans toutes les autres à

26:51

Boston, le nombre de bénéficiaires

26:53

augmentai de façon spectaculaire.

26:58

Certains jours, la queue s'allonge et

26:59

s'allonge

27:01

parce que les gens ont tellement besoin

27:02

d'argent, tellement besoin de

27:03

nourriture.

27:06

Parmi ceux venus donner un peu de leur

27:08

temps,

27:10

Aline, un bulgare installé à Boston

27:13

depuis 10 ans.

27:18

C'est comment de vivre ici à Boston en

27:20

ce moment ?

27:23

comme si comme ça. On est toujours des

27:26

étrangers pour les gens d'ici.

27:29

On reste les coupables.

27:31

Les anglais nous montrent qu'on est des

27:33

étrangers. Ils nous disent de rentrer

27:34

chez nous.

27:42

Certains d'entre eux he pas tous.

27:45

Mais bon, moi j'essaie de contribuer

27:47

comme je peux en aidant à la communauté.

27:56

Quand les choses vont mal, il faut que

27:58

les gens de différentes communautés et

28:00

de différents milieux sociaux puissent

28:02

s'asseoir ensemble et partager un repas.

28:08

C'est là que l'on va retrouver notre

28:10

capacité à discuter,

28:12

à vivre ensemble, à nous écouter un peu.

28:15

D'ailleurs, ce serait mieux si les

28:17

anglais étaient meilleurs en langue. Là,

28:19

il y a de gros progrès à faire. En

28:22

résumé, ce que je veux dire, c'est que

28:24

nous avons encore la possibilité de

28:26

construire notre communauté.

28:29

[musique]

28:38

À Boston, reconstruire une communauté se

28:41

fera pas à pas.

28:43

Le parc de la ville accueille

28:45

aujourd'hui une fête traditionnelle

28:46

lituanienne pour célébrer le printemps.

28:56

Bienvenue à notre fête.

28:59

Aujourd'hui, on chasse l'hiver et avec

29:01

lui tout le mal, tous les malheurs de la

29:04

vie.

29:10

Bonjour Andy, comment ça va ? Quelle

29:12

belle journée ! Andy, Carole et Val font

29:16

partie des rares spectateurs anglais.

29:21

[musique]

29:22

Merci beaucoup d'être venu pour nous

29:23

soutenir. Avec plaisir.

29:26

[chant]

29:30

Les Lituaniens de Boston se sentent

29:32

encore comme une communauté toute neuve

29:34

ici. [musique] Cela fait une dizaine

29:37

d'années que nous sommes arrivés et nous

29:39

restons une petite minorité.

29:42

Alors, il faut que l'on se serre les

29:43

coudes.

29:49

Le Brexit s'est passé, ça ne va pas

29:51

changer et il ne va pas disparaître

29:53

comme ça. Ce qu'on doit faire

29:55

maintenant, c'est intégrer, mieux

29:57

intégrer. Ces enfants vont aller à

29:59

l'école avec les enfants anglais, ils

30:01

vont partager, tout faire ensemble. Ils

30:03

vont peut-être s'aimer. La question, ce

30:06

n'est plus le Brexit en tant que tel. La

30:08

question, c'est qu'est-ce qui existe à

30:10

Boston ? Et comment on en tire le

30:12

meilleur ? J'espère sincèrement que nous

30:14

y arriverons.

30:16

Le Royaume-Uni a fait preuve d'une

30:17

grande solidarité avec l'Ukraine

30:20

et Boston a pris sa part. Cinq nouvelles

30:23

familles de réfugiés viennent d'arriver

30:25

en ville.

30:27

Nous avons allumé quelques bougies en

30:29

mémoire de ceux qui sont morts pour

30:30

défendre l'Ukraine. Nous pensons aussi à

30:33

ceux qui en ce moment même défend

30:35

l'Ukraine, leur pays, leur famille, ceux

30:38

qui sont en train de nous défendre et

30:40

notre démocratie. S'il vous plaît,

30:42

applaudissez les Ukrainiens, ce peuple

30:44

courageux.

30:53

[chant]

30:58

Nous avons tous de l'empathie pour ce

31:00

que traverse le peuple ukrainien. Nous

31:02

avons tendu la main à ceux qui sont

31:04

persécutés là-bas et c'est une très

31:06

bonne chose. Mais je dois dire que

31:08

j'aimerais bien que tous les gens de

31:10

cette région au moins soient traités de

31:12

la même manière.

31:13

Ce serait juste.

31:19

Même à Boston, le sentiment européen

31:23

n'est peut-être pas tout à fait mort.

31:28

[chant]

31:29

[musique]

31:33

[chant][musique]

31:37

Ukrainą

31:40

płacę już [chant] więcej nie zobaczę.

31:44

Hej, [musique]

31:45

hej.

Interactive Summary

Le reportage explore la vie à Boston, au Royaume-Uni, une ville fortement marquée par le Brexit, dont elle fut l'un des bastions les plus ardents. À travers les témoignages de ses habitants, comme Andy et sa femme Carole, ou encore Anton, un ancien maire fervent défenseur du Brexit, le documentaire met en lumière le sentiment de déclassement social, les difficultés économiques liées à l'inflation, la saturation des services publics et les tensions persistantes autour de l'immigration. Malgré les regrets exprimés par certains et les promesses politiques non tenues, le reportage montre une communauté qui tente de se reconstruire, notamment par le biais de l'entraide sociale et des initiatives de la révérende Val, tout en soulignant la persistance des divisions et des défis d'intégration.

Suggested questions

4 ready-made prompts