Brexit : le regret après le vote | ARTE Regards
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[musique]
[musique]
J'aime vivre à Boston.
J'aime bien la mixité des habitants ici.
Mais c'est une ville assez pauvre. Les
gens ont du mal à joindre les debouts.
Andy est retraité.
Le vendredi, il va [musique] parfois
tenter sa chance à la loterie.
Mais quel lieu splendide pour jouer au
bingo !
Allons voir si c'est l'heure de gagner
de l'argent.
20 livres pour une ligne, 30 livres pour
deux lignes et 100 livres pour la grille
complète.
Les gens d'ici espéraient que le Brexit
changerait les choses et améliorerait la
situation.
Est-ce que tout le monde est prêt pour
commencer ?
Double 3 33
2 20. Merci.
J'ai voté Brexit. J'espérais que la
Grande-Bretagne reprenne son destin en
main. Andy a voté Brexit comme 75 % des
habitants de sa ville Boston.
Est-ce que le Brexit a été payant ? En
tout cas, monsieur et madame tout le
monde, eux n'ont rien gagné. Ils n'ont
rien vu changer. Le Brexit, c'est un
paris qu'on a perdu.
[musique]
[musique]
Andy et sa femme Carole sont arrivés à
Boston en 2013.
Et oui, c'est toujours fermé. Il n'y a
personne pour reprendre. En 10 ans, ils
ont vu leur ville changer.
Comme le reste de l'Angleterre, Boston
accumulé la pandémie puis la crise de
l'énergie et le Brexit alourdit encore
le fardeau des habitants. L'inflation
est à un niveau jamais atteint depuis 40
ans.
Je vous prends quelques raisins.
Vous avez besoin d'un sac ?
Non, merci. Voilà.
Pas trop compliqué d'avoir des légumes
en ce moment ?
Ça va. On manque de produit espagnol
mais on trouve qu'on met le prix.
Bonjour, je vous prends ça et ça aussi.
320 mon mignon. Oh pardon.
Oui, ça a augmenté.
Tout devient de plus en plus cher. 3
livres 20 pour un brocoli et quelques
carottes. Ça aurait coûté environ 2
livres et demi il y a un an.
Tout le monde souffre ici. Il y a de
plus en plus de gens qui doivent aller à
la banque alimentaire.
[musique]
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[musique]
Andy était cheminot, Carole commerçante.
En 2013, il décide de quitter Londres et
sa vie chère pour cette ville populaire
où ils peuvent enfin s'offrir leur
petite maison.
Oh, tu me fais un café, c'est adorable.
Merci beaucoup.
Mais ils ne savent pas qu'ils posent
leurs valises dans une ville au bord de
la rupture.
La maison que vous voyez, nous l'avons
acheté 175000 livres. À ce prix-là, on
aurait à peine pu s'acheter un garage
dans les sexes.
On est arrivé ici un peu par hasard en
fait. On cherchait à déménager, on a vu
cette annonce, on a aimé la maison et on
s'est installé.
On dit c'était un peu renseigné sur la
région.
C'est vrai que toutes les villes ont
leurs problèmes,
mais Boston a grossi si vite. Sa
population a explosé en quelques années
et ici, nous n'avons pas été capable de
développer les services publics pour
accompagner la croissance.
Les cabinets médicaux, les hôpitaux, les
écoles, tout est complètement saturé.
C'est ça qui a mis la ville sous
tension.
[musique]
Aucune ville du royaume n'a voté plus en
faveur du Brexit que Boston.
Les anglais l'ont même rebaptisé
Brexitland.
À 3h de route au nord de Londres, la
ville est cernée par les champs.
Une terre d'abondance où pousse la
majorité des légumes et des fleurs du
pays.
En 2003, les pays Baltes, la Pologne, la
Hongrie entre autres intègrent l'Union
européenne.
Boston devient un Eldorado pour les
travailleurs d'Europe de l'Est.
Quand les anglais choisissent le Brexit
en 2016, un habitant de la ville sur 10
est étranger.
La vague migratoire a fait naître ici un
fort sentiment de déclassement.
7 ans après le vote, le Royaume-Uni se
débat avec ses conséquences
et le Brigrette, ce sentiment de regret
postbre Brexit gagne le pays jusqu'à
Boston, l'épicentre de la défiance
antie-européenne.
À bientôt. Bonne soirée.
[musique]
Antoine Danny est lui aussi bostonien
d'adoption.
Il est aujourd'hui l'une des figures de
la ville.
Ah oui,
vous avez besoin d'aide.
Est-ce que vous allez bien ? Salut
Antoon. Vous allez bien
? Très bien. Très bien. Merci Mustapha.
Anton est connu de tous comme un fervant
défenseur du Brexit.
Je voulais te demander Mustapha, est-ce
qu'on peut trouver des tomates en ce
moment ?
Non, c'est pas simple.
Tout est très cher.
Oui, c'est cher.
Est-ce que c'est à cause du Brexit ?
Je crois pas que ce soit à cause du
Brexit.
Je suis d'accord avec toi. Je sais pas
trop ce qui se passe. Allez, merci. À
bientôt, Mustapha. Ah essay
Anton tient un café sur la place
principale de Boston. Le café de Paris.
Un drôle de nom pour un lieu qui pendant
la campagne est devenu le QG des
partisans de la sortie de l'Union
européenne.
Il y a deux souvenirs ici que je garde
précieusement.
Ce sac qui a été créé spécialement pour
la campagne,
nos poissons sont à nous. Sauvons les
poissons de nos eaux
et de l'autre côté non au marché unique
avec le drapeau européen.
Et je vais vous montrer celui que je
préfère. C'est une pub pour le camping
et on l'a modifié en ajoutant Brexit. La
grande évasion.
Bon, on ne s'est pas encore vraiment
évader.
Anton a voté Brexit pour stopper
l'immigration à Boston. Paradoxal, vu
son parcours. Né au Maroc, il a étudié
en Europe avant de s'installer en
Angleterre en 1994.
Mais vu votre parcours, comment
avez-vous géré cette campagne ?
Moi, je ne me compare pas avec les
groupes de migrants de l'Est qui
viennent ici sans travail.
Moi, je suis venu à Londres pour passer
Noël avec des amis
et on m'a proposé un travail de manager
d'un restaurant.
Donc, j'ai pris le boulot et je suis
resté.
Et en 1996, [raclement de gorge]
je rencontrais ma femme.
Ici, on ne peut pas accueillir tout le
monde. On veut bien accueillir ceux qui
viennent pour travailler, pas ceux qui
viennent pour abuser du système.
[musique]
[musique]
2 ans ont passé depuis la mise en œuvre
du Brexit.
Comment ça va ? Tu vas bien ?
Je laisse la monnaie ici.
OK, merci.
Au café, les rapport avec l'Europe
restent au cœur des discussions de
comptoir.
Tu as vu Richy Soak, il bosse un nouveau
protocole.
Oui, je pense qu'il peut faire du bon
boulot. Oui, moi aussi. Parce qu'il
essaie de mettre de l'huile dans les
rouages entre l'Union européenne et le
Royaume-Uni.
Dans cette écrasante majorité
d'habitants qui ont choisi le Brexit,
tous ne l'ont pas fait pour les mêmes
raisons.
[musique]
Salut Andy.
Bonjour mademoiselle, vous allez bien ?
J'ai un peu froid. Oui, je vois ça.
Je vous sers quelque chose à boire ? Un
allongé, ce serait super parce que c'est
toi qui fait le meilleur café du
quartier.
Ah merci Andy, tu me flattes. Et Carole,
je vous fais un thé.
C'est comme ça. Mais pour moi, je
voulais juste être hors de la grande
organisation de l'Europe. 27 pays, être
autonome, mieux gérer son argent, tout
ça. Je m'étais pas rendu compte que
Boris allait écrire une si mauvaise
blague là-dessus. [rires]
C'est bien le problème. Est-ce que les
gens sont heureux en ce moment ? Non. Je
crois que les habitants de Boston ont
perdu leurs illusion sur la classe
politique.
Tiens, je vais te poser une question.
Disons qu'on rejouerait le vote demain.
Tu penses que le Brexit passerait à
nouveau
à Boston ou à travers le pays ? À
travers le pays. Je pense qu'on voterait
contre le Brexit cette fois. Et vous,
vous feriez quoi ? Moi, je reste sur ma
position. Je suis un homme de principe.
Je ne change pas d'avis. Je suis
satisfait de mes décisions et je crois
que si nous avions eu de meilleurs
gouvernants,
on aurait eu un meilleur Brexit.
Quand j'ai fait campagne pour le Brexit,
je l'ai fait avec des arguments logiques
pour le contrôle des frontières
et j'y crois encore. Le contrôle de nos
frontières est un droit fondamental,
mais nos frontières sont encore
ouvertes, donc il n'y a pas de quoi
célébrer une victoire.
On célébrera quand les choses auront
changé sur le terrain.
Ce discours selon lequel l'immigration
aurait chamboulé la vie des Bostoniens a
fait recette.
Comment allez-vous ?
Et vous ?
Très bien, merci.
En 2018, Anton a accédé aux plus hautes
fonctions de la ville. Une première à
Boston pour un citoyen né à l'étranger.
Voilà, c'est le fauteuil du maire. C'est
là que j'ai siégé pendant 2 ans.
Quand j'allais à des cérémonies,
les gens me regardaient et me demandait
Anton, d'où êtes-vous ? Êtes-vous
italien ? Espagnol ? Non, mais je suis
le premier maire non britannique de
Boston.
Et là, comme vous voyez, il y a la liste
des mers de la ville.
Ça commence au 19e siècle et ça va
jusqu'au bout avec mon nom deux fois.
À chaque fois que j'étais assis ici et
que nous débattions, je regardais mon
nom et je me disais que c'est quelque
chose qui restera dans l'histoire de
Boston.
J'aurais adoré que ma mère et mon père
soient vivant pour voir ça. Ils auraient
été fiers de ce que j'ai accompli.
Aujourd'hui, Anton est encore conseiller
municipal dans une équipe qui reste
majoritairement conservatrice.
Boston [musique] compte une autre figure
récemment installée, la révérande
originaire de Manchester, elle a
parcouru le monde pour l'église
méthodiste
avant que sa hiérarchie ne l'envoie ici.
Val a été nommé en 2018, 2 ans après le
Brexit.
Bonjour, elle a voté contre.
Je suis né dans les années 60
et pour moi l'idée d'une communauté
européenne est quelque chose de
précieux.
J'ai grandi avec ça et j'ai toujours
pensé que cette idée fleurirait avec le
temps, mais pas que cela deviendrait
pire.
[musique]
Bonjour, je suis ravie de vous voir.
Chaque dimanche, la révérende accueille
à l'église une quarantaine de fidèles
qui a priori ne partagent pas ses
opinions.
[musique]
Mon église m'a placé ici en me disant
qu'il fallait un représentant qui ferait
de son mieux pour construire une
communauté solide.
Malgré les divergences autour du Brexit.
Bonjour à tous.
Je ne vais pas rester au pupitre ce
matin.
À Boston, la messe est une bulle hors du
temps. L'un des rares moments où la
politique n'a plus sa place.
Aujourd'hui, je vais laisser la place à
Eva qui va assurer le prêche du jour.
Par la grâce de Dieu, nous prions.
Amen.
Je pense que l'église essaie de rester
cohérente, Brexit ou pas Brexit.
Nous avons un message d'amour à
partager, un message qui ne change pas.
Pourtant, Brexit et Amour ne font pas
toujours bon ménage. À l'heure du thé,
après la messe, le sujet reste sensible,
voire tabou. Cet épisode a laissé des
traces dans les familles de Boston.
Mon mari a voté en faveur du Brexit,
principalement parce qu'il travaillait
dans une usine qui employait beaucoup de
migrants
et c'était pas trop compliqué à la
maison.
[rires]
Bon, disons qu'on était d'accord sur le
fait de pas être d'accord.
Ah oui, je je crois que je peux leur
pardonner au Brexitur, enfin à tous sauf
à Boris Johnson. Lui, je ne peux rien
lui pardonner. [rires]
Ah, le voilà, il est là le Brexiter.
[rires]
Vous n'assumez plus votre vote.
Moi, je venais d'être à la retraite et
j'étais énervé.
Il y avait eu tellement de travailleurs
européens qui étaient arrivés que j'ai
vu mon salaire s'effondrer. C'est pour
ça que j'étais en colère.
Si je devais revoter aujourd'hui, je
voterai pour rester dans le lieu.
Donc vous l'avez convaincu au final.
Oui, oui et oui.
C'est vrai que c'est difficile ici
et je crois que c'est à cause des
messages contradictoires qu'on reçu les
gens.
Quelqu'un comme moi de l'église dira aux
Bulgares, aux roumains ou aux Polonais,
"C'est fantastique que vous soyez ici
avec nous. Construisons cette ville
ensemble."
Mais il y a eu aussi le message
politique qui disait clairement partez,
ne restez pas là. Donc comment
voulez-vous qu'on y comprenne quelque
chose entre le message de l'église et le
message politique ? Et c'est vrai que
cela rend ma mission assez compliquée.
[musique]
Andy est un romantique. Pour la journée
de la femme, il aimerait marquer le
coup.
À à peine 5 minutes de voiture de
Boston, tu te retrouves dans le jardin
de l'Angleterre. C'est comme ça qu'on
appelle le Lincoln Shire.
Les tulipes sont les fleurs préférées de
Carole.
C'est aussi une des spécialités des
horticulteurs de la région.
C'est chez l'un de ses producteurs Candy
vient acheter directement son bouquet.
Ça part pour une grande surface ça ou
c'est emballé pour les particuliers ?
Ça ça part pour les grandes surfaces et
les gares.
Mais j'ai celle-ci pour vous.
Je crois que je vais prendre les
violettes. Non.
Les exploitants agricoles aussi ont
senti le Brexit passer.
Yann, le patron, a toujours acheté ses
bulbes en Hollande. Depuis la sortie de
l'Union, il doit gérer une montagne de
démarches administratives. Mais surtout,
les travailleurs sont beaucoup moins
nombreux et la concurrence de plus en
plus rude.
Le plus gros problème ici, c'est le
recrutement. Les gars ne se sentent plus
les bienvenus au Royaume-Uni. Donc, ils
sont rentrés chez eux auprès de leurs
familles et de leurs amis. Et on peut le
comprendre, mais plus personne ne
revient maintenant.
Pour certains producteurs qui ont besoin
d'énormément de travailleurs pendant une
courte période, ça devient trop
compliqué. Il n'y a personne à recruter.
Je connais des exploitations qui ont dû
stopper leur production à cause de ces
problèmes de main d'œuvre. Aujourd'hui,
il change pour des cultures qui sont
plus faciles à mécaniser.
Pour nous, les gens de Boston, c'est
difficile de reconnaître qu'on s'est
trompé parce qu'on a pris la décision de
partir et c'est comme s'il fallait s'y
accrocher. On croise les doigts, on
croise les orteils en espérant qu'un
jour ce qu'on attendait du Brexit arrive
vraiment, qu'un jour un gouvernement
trouvera la solution à la question de
l'immigration.
Mais je pense qu'aucun pays au monde n'a
la réponse à cette question.
Le monde est devenu plus petit
maintenant et pour moi, il faut
apprendre à vivre avec.
Suite au Brexit et à la pandémie, près
de 600000 ressortissants étrangers ont
quitté le Royaume-Uni.
Et voilà le lait pour mademoiselle.
Mais ce n'est pas suffisant pour les
habitués du café d'Anton qui attendait
du Brexit, une solution miracle.
Vous comprenez quelque chose aux
nouvelles règles d'immigration vous ?
Est-ce que ces gens ont un visa ? Je ne
comprends pas.
Moi, je laisse tomber. Un pays du
Tiermonde. Une ville du Tiermonde. Voilà
ce qu'on est maintenant.
Mais c'est ça le problème que devait
résoudre le gouvernement ? Non, il faut
être plus clair. Si tu as un travail, tu
viens. Sinon, on ne te donne pas de
visa.
Selon un sondage récent, Boston est la
dernière ville à penser que le
Royaume-Uni a eu raison de quitter
l'Europe,
mais la tendance est en train de
s'inverser, même chez Anton.
Tu crois qu'on ira à Skegnes vendredi
pour ton rendez-vous ? Non
non, onira pas, on aura pas le temps.
Sa femme Maria est née en Pologne et
l'un de ses fils étudie en Suède.
Comment c'était ton voyage en Allemagne
à Berlin ?
Ouais, c'était bien, nickel.
Et le concert ?
C pas mal.
Ta mère m'a rendu dingue hier. Il n'a
pas appelé. Il n'a pas appelé, il n'a
pas appelé. Et tout de suite ce matin,
elle m'a dit "Oh, c'est bon, il m'a
envoyé un message, ça va."
Quand elle est né, il étudie les
sciences politiques.
Alors, ça fait quoi d'avoir un père pro
Brexit ?
comme ça, on ne choisit pas ses parents.
Mais ma mère est polonaise,
donc je bénéficie [raclement de gorge]
toujours des avantages d'un passeport
européen.
Il n'y a rien que vous puissiez dire à
quelqu'un qui croit au Brexit et qui
croit que les bons résultats vont finir
par arriver.
Regardez, il n'y a plus de fruits et
légumes en ce moment.
Les gens disent que c'est dû à la météo
en Europe.
Mais quand vous regardez un supermarché
européen, les rayons fruits et légumes
sont pleins. Non.
[rires]
[grognement]
Alors, pourquoi ils sont vides ici ? Et
où sont passés les 350 millions de
livres qui devaient revenir à l'hôpital
public ? Presque tout ce Brexit n'était
qu'un mensonge.
C'est vrai que rien n'a changé. On a
même plus de contraintes qu'avant le
Brexit. Moi, j'ai voté Brexit parce
qu'on m'a vendu un truc, mais je sais
aujourd'hui que c'était un mensonge.
Donc, vous regrettez votre vote
aujourd'hui ? Oui, bien sûr que je
regrette. Que se passe-t-il dans ma
maison ? Arrête, tu le sais très bien
ça. Bon, tes affaires seront prêtes en
rentrant. Allez, je vais jouer au foot
avec mes amis. [raclement de gorge]
Ouais, à plus. Intérêt à gagner.
[musique]
Depuis la pandémie, la révérende Val
propose des prêches en ligne pour
maintenir le lien avec ses fidèles.
[chant]
Wonderful God. Dieu est grand. Que son
esprit traverse le royaume des montagnes
jusqu'à la mer.
Aujourd'hui, nous sommes le premier
mars. Alors, je vous souhaite à tous une
joyeuse Saint-David.
À Boston, nous avons parlé à des gens
qui nous disaient qu'il regrettait leur
vote. Est-ce que c'est aussi votre cas ?
Moi, je suis toujours sur cette
position.
Et vous pensez toujours que c'était la
bonne option ?
Oui, car Bruxelles nous imposait de
nouvelles règles et même si elle n'était
pas toujours appliquée ici, c'est eux
qui décidaient pour nous.
Je pense qu'il faudra encore 5 ou 6 ans
pour vraiment savoir si c'était le bon
choix ou pas.
On devrait plus souvent organiser un
meeting politique avant nos prières, non
? Merci à tous. Au revoir, à très
bientôt.
La religion perd du terrain à Boston
comme dans tout le pays.
Mais il y a un rendez-vous pour lequel
va la moins de mal à réunir du monde, la
distribution de nourriture.
Le Royaume-Uni compte aujourd'hui 14
millions de pauvres, un britannique sur
5.
Tu devrais venir le dimanche.
Ça fait des années que je viens dans le
coin et je ne suis jamais entrée dans
l'église.
Waouh
!
Vous allez manger ? Oui, on va juste
faire un tour et on revient dans 5
minutes. OK. On va faire la prière
maintenant.
Bonjour à tous.
Est-ce que vous allez bien ?
Levez les pouces en l'air.
Nous sommes ravis de vous accueillir
aujourd'hui.
Certains d'entre vous connaissent très
bien notre église. Bienvenue à nouveau
et peut-être que certains d'entre vous
viennent pour la première fois. Je vous
souhaite la bienvenue. Notre église est
ouverte à tous. Maintenant, disons une
prière pour bénir la nourriture. Prions
ensemble.
Nous te remercions Jésus. Amen.
Les carottes, c'est un producteur du
coin qui nous les donne. Il est juste à
côté à la sortie de Boston.
Et les saucisses, c'est l'un de nos
bouchers locaux, celui du marché de
Boston. Tout est local et bien frais.
Depuis quelques mois, les repas sont
distribués tous les mercredis grâce au
dons et aux bénévoles.
Beaucoup de gens ne pourraient pas s'en
sortir si nous ne faisions pas ces
distributions. Dans cette banque
élimaire, comme dans toutes les autres à
Boston, le nombre de bénéficiaires
augmentai de façon spectaculaire.
Certains jours, la queue s'allonge et
s'allonge
parce que les gens ont tellement besoin
d'argent, tellement besoin de
nourriture.
Parmi ceux venus donner un peu de leur
temps,
Aline, un bulgare installé à Boston
depuis 10 ans.
C'est comment de vivre ici à Boston en
ce moment ?
comme si comme ça. On est toujours des
étrangers pour les gens d'ici.
On reste les coupables.
Les anglais nous montrent qu'on est des
étrangers. Ils nous disent de rentrer
chez nous.
Certains d'entre eux he pas tous.
Mais bon, moi j'essaie de contribuer
comme je peux en aidant à la communauté.
Quand les choses vont mal, il faut que
les gens de différentes communautés et
de différents milieux sociaux puissent
s'asseoir ensemble et partager un repas.
C'est là que l'on va retrouver notre
capacité à discuter,
à vivre ensemble, à nous écouter un peu.
D'ailleurs, ce serait mieux si les
anglais étaient meilleurs en langue. Là,
il y a de gros progrès à faire. En
résumé, ce que je veux dire, c'est que
nous avons encore la possibilité de
construire notre communauté.
[musique]
À Boston, reconstruire une communauté se
fera pas à pas.
Le parc de la ville accueille
aujourd'hui une fête traditionnelle
lituanienne pour célébrer le printemps.
Bienvenue à notre fête.
Aujourd'hui, on chasse l'hiver et avec
lui tout le mal, tous les malheurs de la
vie.
Bonjour Andy, comment ça va ? Quelle
belle journée ! Andy, Carole et Val font
partie des rares spectateurs anglais.
[musique]
Merci beaucoup d'être venu pour nous
soutenir. Avec plaisir.
[chant]
Les Lituaniens de Boston se sentent
encore comme une communauté toute neuve
ici. [musique] Cela fait une dizaine
d'années que nous sommes arrivés et nous
restons une petite minorité.
Alors, il faut que l'on se serre les
coudes.
Le Brexit s'est passé, ça ne va pas
changer et il ne va pas disparaître
comme ça. Ce qu'on doit faire
maintenant, c'est intégrer, mieux
intégrer. Ces enfants vont aller à
l'école avec les enfants anglais, ils
vont partager, tout faire ensemble. Ils
vont peut-être s'aimer. La question, ce
n'est plus le Brexit en tant que tel. La
question, c'est qu'est-ce qui existe à
Boston ? Et comment on en tire le
meilleur ? J'espère sincèrement que nous
y arriverons.
Le Royaume-Uni a fait preuve d'une
grande solidarité avec l'Ukraine
et Boston a pris sa part. Cinq nouvelles
familles de réfugiés viennent d'arriver
en ville.
Nous avons allumé quelques bougies en
mémoire de ceux qui sont morts pour
défendre l'Ukraine. Nous pensons aussi à
ceux qui en ce moment même défend
l'Ukraine, leur pays, leur famille, ceux
qui sont en train de nous défendre et
notre démocratie. S'il vous plaît,
applaudissez les Ukrainiens, ce peuple
courageux.
[chant]
Nous avons tous de l'empathie pour ce
que traverse le peuple ukrainien. Nous
avons tendu la main à ceux qui sont
persécutés là-bas et c'est une très
bonne chose. Mais je dois dire que
j'aimerais bien que tous les gens de
cette région au moins soient traités de
la même manière.
Ce serait juste.
Même à Boston, le sentiment européen
n'est peut-être pas tout à fait mort.
[chant]
[musique]
[chant][musique]
Ukrainą
płacę już [chant] więcej nie zobaczę.
Hej, [musique]
hej.
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Le reportage explore la vie à Boston, au Royaume-Uni, une ville fortement marquée par le Brexit, dont elle fut l'un des bastions les plus ardents. À travers les témoignages de ses habitants, comme Andy et sa femme Carole, ou encore Anton, un ancien maire fervent défenseur du Brexit, le documentaire met en lumière le sentiment de déclassement social, les difficultés économiques liées à l'inflation, la saturation des services publics et les tensions persistantes autour de l'immigration. Malgré les regrets exprimés par certains et les promesses politiques non tenues, le reportage montre une communauté qui tente de se reconstruire, notamment par le biais de l'entraide sociale et des initiatives de la révérende Val, tout en soulignant la persistance des divisions et des défis d'intégration.
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