Sécheresses et inondations, chercheurs en action | Documentaire | ARTE
1300 segments
[musique]
Le changement climatique accentue les
phénomènes météorologiques extrêmes
comme les vagues de chaleur ou les
pluies diluviennes dont les effets se
combinent. Une menace pour les humains
comme pour les écosystèmes.
C'est une zone de captage de l'eau
potable et on s'attend à des
bouleversement majeur.
Les milieux naturels déjà fragilisés par
le manque d'eau résistent moins bien à
la violence des pluies torrencielles.
Ces événements composites, par exemple
les événements de chaleur extrême suivis
de fortes précipitations, n'étaient pas
vraiment sur le radar.
La succession de canicules et
d'intempérie brutale transforme le
visage de notre planète.
Si le CO2 est moins absorbé,
une plus grande quantité reste dans
l'atmosphère,
ce qui risque d'accentuer le
réchauffement climatique.
L'oscillation de la météo entre les
extrêmes n'est pas sans conséquence.
Comment y faire face ?
[musique]
Dans la paisible vallée de Lutstal, au
cœur des Alpes Autrichiennes, se joue un
drame dont l'ampleur et la rapidité
surprennent les scientifiques.
[musique]
Le glaciologue Christophe Mayer de
l'Académie bavaroise des Sciences grimpe
sur un glacier à 3000 m d'altitude pour
mesurer les effets du changement
climatique.
On s'attendait à une fonte des glaciers
mais nettement plus lente.
Pourtant, ces dernières années et
surtout depuis 2022, on observe une
perte de masse considérable d'une
ampleur qu'on aurait pas imaginé.
Les piquets de mesures que Christophe
Mayer enfonce dans la glace émergent
chaque année un peu plus que prévu. Les
relevés météo explique cette progression
inquiétante.
La vitesse de fonte d'un glacier dépend
largement du taux d'humidité de l'air.
Quand l'air est sec, seule une partie de
l'énergie sert à l'évaporation. Donc la
glace fond moins vite. À contrario,
quand l'air est humide, toute l'énergie
alimente la fonte, ce qui accélère le
recul du glacier.
On a constaté qu'avec le dérèglement
climatique, de l'air saturé en humidité
a tendance à stagner au-dessus du
glacier, ce qui accentue d'autant plus
la fonte de la glace.
Cette photo datant de l'été 1889,
comparée à une série d'images prises
entre 2010 et 2024 illustre bien le
recul dramatique des glaciers alpins.
[musique]
Quand la glace fond, les versants
montagneux deviennent instables. Des
fortes précipitations peuvent alors
déclencher des coulées visqueuses qui
mêlent bou, sédiments et blocs rocheux.
On les appelle lave torrentielle.
En 2024, l'une d'elle a ravagé une
partie de la commune suisse de Briens.
Le recul des glaciers libère de plus en
plus de matériaux meubles et des boulis.
Si de fortes pluies s'abattent ensuite
sur ces zones, ça augmente
considérablement le risque de l'aveciel.
Par ailleurs, quand les glaciers
disparaissent, ils laissent à nu des
parois rocheuses parfois abruptes qui
étaient jusque-là protégées par la
glace.
Comme elles ne sont plus maintenues,
elles peuvent s'effondrer.
Le glaciologue met aussi en garde contre
un autre danger.
Un glacier joue un rôle de tampon. En
hiver, il emmagasine l'eau des
précipitations et il les restitue en
été. Si les glaciers disparaissent, cet
apport d'eau douce manquera pendant la
période estivale chaude et sèche.
Les Alpes sont en première ligne des
bouleversements causés par la chaleur,
les pluies et l'humidité croissante.
[musique] Mais ces mécanismes sont aussi
à l'œuvre ailleurs.
Dans la campagne du Folkland au nord de
la Bavière, des biologistes de
l'université technique de Munich
recherchent une espèce de moule
autrefois présente dans presque toutes
les rivières de la région. Jürgen Geist
dirige le projet.
En voilà une autre, mais elles sont
toutes mortes.
On a longtemps pensé que les moules
perlières d'eau douce résistaient à
tout.
Elle est pleine de vases.
Dans cette zone, on a trouvé que des
coquilles vide, des moules mortes.
On voit que l'eau est presque stagnante.
Il n'y a pas de courant et la vase s'est
accumulée en grande quantité.
Le fait qu'on ne trouve que des moules
mortes indique que cet habitat est en
mauvaise santé.
Autrefois, les moules perlières, aussi
appelées mulettes, pouvaient vivre plus
d'un siècle.
Fixé entre les galets du lit des
rivières, les mulettes cohabitent avec
de nombreuses autres espèces. Le courant
les alimente en eau propre et bien
oxygéné. Mais quand des pluies soutenues
apportent trop de sédiments dans les
rivières, toute cette faune risque
d'étouffer et de mourir.
Le changement climatique [musique]
affecte les cours d'eau de plusieurs
façons.
D'une part, la température de l'eau
augmente nettement. Cela réduit la
quantité d'oxygène qui peut s'y
dissoudre.
D'autre part, quand la pluie tombe en
été, une saison qui est devenue plus
aride, elle prend souvent la forme
d'épisode extrême. Les précipitations
charient un excès de sédiments fins
jusque dans les cours d'eau, parfois
même depuis des champs éloignés.
Quand il y a peu d'eau, donc peu de
courant dans la rivière, le fond se
retrouve sans oxygène et ça se fixie.
Cette alternance entre sécheresse et
pluie abondante transforme profondément
les lits des rivières et des ruisseaux.
Les mesures effectuées par le biologiste
montrent que les sédiments emportés par
les fortes pluies des champs vers les
cours d'eau posent encore d'autres
problèmes quand la chaleur s'installe et
pas seulement pour les mulettes.
Résistance à la pénétration à gauche
4,25
3,5.
Quand l'oxygène vient à manquer,
l'apport de sédiments fin et
l'accumulation de vases dans ces zones
peuvent entraîner l'émission de méthane,
un gaz à effet de serre.
[musique]
Pour sauver les moules perlières d'eau
douce, Jurgan Geist s'est mis en quête
de segment de rivière qui ne s'assèchent
pas pendant la période estivale et ne
s'envase pas non plus en cas de forte
pluie.
L'oxygénation
est très bonne. On est à plus de 350
dans le substrat.
Nos mesures visent à évaluer précisément
la qualité du fond de la rivière.
La moule perlière est une espèce
bioindicatrice qui nous renseigne sur
l'état de cet écosystème aquatique. Elle
est particulièrement exigeante parce
qu'elle met jusqu'à 5 ans à se
développer dans ce milieu interstitiel.
[musique]
Avant d'atteindre leur maturité, les
jeunes moules restent enfouies dans le
lit profond de la [musique] rivière
pendant environ 5 ans. À ce stade, un
excès de vase peut leur être fatal.
Oh ja, wirklich [musique] einiges
Cette boîte en plastique aide les
scientifiques à mesurer la quantité de
vase qu'un épisode plus vieux intense
charit dans la rivière.
On mesure comme ça la vitesse à laquelle
les interstices entre les graviers qui
sont censés rester dégagés se colmatent.
C'est nocif pour tous les organismes qui
vivent là, y compris les jeunes moules
qui s'y enfouissent.
Les mulettes perlières filtrent leur
nourriture dans l'eau et contribuent
ainsi à sa purification au bénéfic
l'être humain.
Ce méandre longe une prairie humide à
l'écart [musique] des terres cultivées.
Il y a encore de l'oxygène à 10 cm dans
le substrat.
Ici, au moins par endroit, on voit qu'on
a un taux d'oxygène suffisant. C'est
donc un site prometteur. Ça nous donne
l'espoir de pouvoir empêcher
l'extinction de cette espèce
et de préserver la biodiversité des
cours d'eau malmené par les
perturbations [musique] climatiques.
Si les phénomènes météo extrêmes se
multiplient, c'est d'abord à cause de
changement dans l'atmosphère. Le
physicien Émile Claperon, l'un des 72
savants au nom gravé sur la tour Effel,
a établi ce phénomène dès 1834.
Son équation décrivant le lien entre
chaleur et humidité fait encore
référence aujourd'hui.
La climatologue Valérie Masson Delmot
étudie les conséquences du dérèglement
climatique pour le compte du JC.
L'équation, elle joue un rôle
fondamental dans le fonctionnement du
climat puisqu'elle relie la température
de l'air à la quantité de vapeur d'eau
que l'atmosphère peut contenir.
Clapon a démontré que plus l'air se
réchauffe, plus il peut contenir
d'humidité. On sait aujourd'hui que
cette capacité augmente d'environ 7 %
par degré supplémentaire. Avec un
réchauffement global de 2,5°G,
le volume et la teneur [musique] en
humidité des nuages pourraient
progresser d'environ 17,5 %. Or, des
nuages plus massifs donnent souvent des
pluies plus intenses plus rapidement.
Les travaux de Clapon éclairent aussi un
autre phénomène, l'aggravation des
sécheresses.
Cette équation, elle joue aussi un rôle
fondamental dans les conséquen
changement climatique, notamment parce
que dans un climat plus chaud, cela va
augmenter la quantité de vapeur d'eau
que l'air peut contenir. Donc cela va
doper les événements de pluie extrême.
Et puis comme cette air est plus chaud,
quand on a une période sans pluie, ça va
vider plus vite les sols de leur
humidité et ça va également aggraver les
sécheresses.
Plus la planète se réchauffe, plus les
extrêmes climatiques se multiplient,
souvent au détriment des mêmes régions.
Ce déséquilibre complique l'accès des
plantes, des animaux et des humains à
une eau potable, rendant les réserves
d'eau souterraine de plus en plus
précieuse.
Le parc national de Heinich s'étend au
cœur de l'Allemagne en Turinge.
Depuis 8 ans, des chercheurs de
l'université de Yena se rendent sur
place pour étudier les effets des
sécheresses et canicules répétées sur la
qualité des eaux souterraines.
Jusqu'à présent, on s'est surtout
intéressé au niveau de la nappe
fréatique et on constate qu'elle arrive
à se recharger, mais on ne sait pas si
la purification de l'eau continue à se
faire normalement.
On observe ici le même phénomène
qu'ailleur en Allemagne et en Europe ces
dernières années. Le niveau des nappes
fréatiques baisse constamment.
Si le volume des réserves souterraines
est plus faible et que l'infiltration
dans le sol est plus rapide quand des
fortes pluies succèdent une période
sèche, ça peut modifier la composition
de substances naturelles et de composées
chimiques qui se retrouvent dans les
acifères.
Ça me pla
les périodes d'arridité ne font pas que
modifier la concentration des substances
nocives dans l'eau.
Elles altèrent aussi la fonction
filtrante des sols.
Cela tient à deux mécanismes. D'une
part, la sécheresse modifie la couche
superficielle du sol, celle qui assure
la fonction de filtre en provoquant
l'apparition de fissures plus larges. Si
ensuite les pluies sont plus abondantes
ou plus intenses, des substances
s'infiltrent directement en profondeur
sans être suffisamment transformé.
Le résultat, c'est qu'on retrouve dans
l'eau souterraine des substances qui
n'ont rien à y faire.
Ici la quantité annuelle globale de
précipitation a peu varié. La
différence, [musique] c'est que les
pluies sont désormais plus rares mais
plus intenses et entrecoupées de
sécheresse prolongée.
Ces périodes sèches affectent la
capacité naturelle des sols à purifier
l'eau. Elle s'est dégradée d'environ 10
% en 8 ans.
Ça aura des conséquences graves parce
que l'eau potable est tirée des eaux
souterraines. Des antibiotiques et de
nombreux polluants issus de
l'agriculture peuvent se retrouver dans
l'eau et alors on doit les éliminer avec
des procédés techniques supplémentaires.
Ça rend l'eau potable plus coûteuse.
Que faudrait-il faire pour enrayer cette
évolution ?
En premier lieu, il faut créer plus de
zones boisées et ombragées. Ensuite, on
a besoin d'arbres moins gourmand en eau.
L'objectif, c'est de retenir l'eau de
pluie plus longtemps dans les sols.
Avant de lancer des projets de
reboisement, les scientifiques doivent
déterminer [musique]
quelles essences d'arbres sont les plus
adaptés.
Torston Grams de l'université technique
de Munich. étudie l'adaptation des
forêts aux effets du changement
climatique. [musique]
Le cycle de l'eau s'intensifie.
Les longues périodes de sécheresse
alternent désormais avec de fortes
précipitations.
Les pluies abondantes finissent par
saturer les sols en eau.
Ça entraîne souvent un manque d'oxygène
dans le sol, ce qui perturbe fortement
le fonctionnement des racines.
Torston Grams constate des anomalies
frappantes à la SIM des conifères.
Un indice qu'on peut observer
directement à la cime des épicéas, c'est
la longueur des rameaux et des
aiguilles. On distingue très clairement
la différence sur cet arbre. Par
exemple, à ce niveau, on a une
croissance normale des aiguilles dans
des conditions relativement humides. Sur
cette section, en revanche, les
aiguilles sont beaucoup plus courtes
parce que cette année, la sécheresse a
été particulièrement marquée.
[musique] Face à la chaleur, certains
feuillus réduisent leur surface folières
en repliant leurs feuilles. Les épicéa
eux ralentissent leur croissance.
Des aiguilles plus petites diminuent
forcément la capacité de l'arbre. a
absorber le CO2 puisque sa surface
folière est globalement réduite. Ça
pénalise l'arbre et sa croissance.
Ça a aussi des conséquences sur le bilan
carbone au niveau mondial.
Si les arbres absorbent moins de CO2 par
la photosynthèse, alors il en reste
davantage dans l'atmosphère, ce qui peut
accentuer le changement climatique.
Pour se protéger de la chaleur, les
arbres sont contraints de ralentir leur
croissance.
Un air plus chaud qui capte plus
d'humidité les prive littéralement de
leur réservve.
Quand l'air absorbe plus d'humidité,
c'est un peu comme s'il pompait l'eau de
la végétation.
Si les plantes ne réagissent pas pour
contrer cette évaporation,
elles vont continuer à perdre de l'eau.
Ça veut dire que dans nos forêts,
beaucoup d'essences locales ont de plus
en plus de mal à supporter ces
conditions.
Le stress hydrique subi par les arbres
est parfois si élevé que dans certaines
régions d'Allemagne, il entraîne des
mortalités massives.
Déjà affaibli par la chaleur, ces arbres
ont ensuite succombé à des ravageurs.
[musique] Puisqu'un air plus chaud peut
contenir davantage d'humidité, il capte
plus d'eau dans le sol, les arbres et
les plantes. L'effet rafraîchissant du
couvert végétal s'amenuise, la
sécheresse s'accentue et les végétaux
s'affaiblissent.
Si des pluies violentes surviennent
ensuite, elles peuvent leur porter le
coup de grâce.
Cette mosaïque de parcelle dans le
Brandbourg est utilisée par le centre
Lipnitz pour la recherche sur les
paysages agricoles. Catherine Gramman y
étudie différentes stratégies
d'adaptation destinées à l'agriculture
car les plantes vivrières sont-elles
aussi menacées par les montagnes russes
de la météo.
Un des objectifs de cette expérience est
d'étudier quel système de culture sont
capables de s'adapter au changement
climatique
et en particulier de faire face au
phénomènes météo extrême ou aux longues
sécheresses.
[musique]
La stratégie principale consiste à
diversifier les cultures pour répartir
le risque.
Des capteurs d'humidité placés à
différentes profondeurs dans le sol
doivent révéler s'il existe des
associations de culture plus résistantes
que d'autres à la sécheresse et aux
fortes précipitations.
Les données sur l'humidité dans les
couches supérieures du sol nous
permettent de déterminer si les cultures
souffrent d'un stress hydrique.
De leur côté, les données issues des
couches plus profondes nous renseignent
sur la capacité du sol à se recharger en
eau au fil de l'année lors des périodes
d'intempérie plus longues.
Ces parcelles font partie d'une grande
exploitation agricole.
Les premiers essais associant soja et
blé se sont révélés prometteurs.
[musique]
Le soja tolère plutôt bien la chaleur et
son semi-tardif s'accorde avec la
sécheresse du début d'été. Quand il a
besoin de beaucoup d'eau en phase de
croissance, on est déjà en juilletaût,
des mois où généralement la pluie
revient.
Pour les céréales, c'est trop tard. Pour
le maïs, ça passe encore. Et pour le
soja, c'est optimal.
[musique]
Cultiver différentes espèces végétales
s'accompagnent souvent de différents
systèmes racinaires qui n'exploitent pas
les mêmes couches du sol.
Leurs besoins en ressources, notamment
en lumière et en eau diffèrent et varie
aussi.
Le soja sert surtout à produire de
l'huile et de l'alimentation pour le
bétail. [musique] Il ne remplacera pas
les céréales dans nos assiettes, mais sa
capacité à enrichir les sols en azote
améliore le rendement des cultures
suivantes et son cycle de culture
diffère de celui du blé ou de l'orge, ce
qui ne l'expose pas au même risque.
De fortes pluies risquent de lessiver
les semences en même temps que le sol.
À l'inverse, les cultures qui sont déjà
bien avancées dans leur croissance et
qui ont eu le temps de développer leur
racine sont généralement plus
résistantes au manque d'eau en cas de
période de sécheresse prolongée.
Néanmoins, les épisodes météo de forte
intensité menacent notre sécurité
alimentaire. Ces événements extrêmes,
ils vont affecter les rendements
agricoles, notamment simultané qui
peuvent toucher plusieurs régions qu'on
appelle des grenier à blé dans le monde.
Et si ça se produit de manière
simultanée avec des baisses de rendement
agricoles et donc ça peut dégrader en
fait la sécurité alimentaire mondiale.
Le maître mot ici c'est la résilience.
Il faut renforcer la stabilité des
écosystèmes face aux différentes
perturbations qui peuvent être extrêmes.
Qu'il s'agisse des forêts, des villes ou
des cours d'eau, renforcer cette
résilience est pertinent dans tous les
cas.
Mais la résilience peut aussi jouer
contre nous. Celle des insectes
ravageurs par exemple leur permet
[musique] de prospérer.
Pflanze symptomatischel
dans ce champ de pomme de terre
l'agriculteur Manfred Dressler et
l'agronome Eva Terag recherch des larves
de cicadelle à de ver des roseaux.
Les nyfes de cicadelle sont le vecteur
d'une maladie qui infecte les pommes de
terre et fait flétrir leur tubercule.
La variété cultivée ici était pourtant
considérée jusque-là comme peu
attractive pour l'insecte.
Force de constater que chaque année la
nature et la cicadelle ont une longueur
d'avance sur nous.
C'est une course permanente contre la
montre et les insectes qui nous demande
des approches alternatives.
Les scientifiques sont sous pression
pour proposer ou au moins rechercher des
solutions.
Les chercheurs de l'Institut allemand
Julius Kun de recherche sur les plantes
cultivées sont inquiets. Les cicadelles
des roseaux ont quitté les roselières et
poursuivent leur expansion.
D'abord identifié sur les betteraves
sucrières, [musique] elles s'attaquent
désormais aussi aux pommes de terre.
Afin les récoltes de l'insecte ravageur,
Eva Terag tente de décrypter les signaux
vibratoires par lesquels les cicadelles
communiquent.
Ça pourrait être utile pour lutter
contre la cicadelle du roseau.
On pourrait par exemple enregistrer les
signaux vibratoires d'une femelle
puis les diffuser à travers les tiges ou
les feuilles en plaçant un piège pour
capturer les mâles et qu'il ne soi plus
disponible pour la reproduction.
Les cicadelles aspirent la sève des
feuilles à l'aide d'un rostre situé
entre leurs pattes. Ce faisant, elles
transmettent les bactéries qui rendent
les plantes malades. Elles sont
également présentes sur les poivrons,
les oignons et les fraises faisant
toujours plus de dégâts.
Parmi les solutions étudiées par les
chercheurs, on trouve aussi des
substances odorantes [musique] qui les
attirent ou les repoussent. Les
scientifiques pulvérisent ces substances
sur les antennes des insectes [musique]
et mesurent leur réaction nerveuse sans
grand résultat jusqu'ici.
La cicadelle est une vraie championne de
la survie.
Elle passe l'essentiel de son cycle de
vie sous terre au stade de nymphe.
Comme ça, elle est protégée du froid
hivernal.
Et même en cas de forte pluie, sa
mobilité dans le sol lui permet
probablement de se déplacer vers des
zones plus sèches.
Ce comportement n'a pas encore été
étudié en détail, mais on sait qu'elle
peut se réfugier dans des couches plus
profondes du sol. Les petites cicadelles
font partie des grands gagnants du
changement climatique.
Dans le Brandbourg, le soja est prêt à
être récolté.
Si la légumineuse venue d'Asie se plaît
en Allemagne, les agriculteurs
pourraient renoncer aux importations
coûteuses et polluantes des fèves de
soja. Aujourd'hui, elles sont
principalement cultivées en Amérique du
Sud.
C'est pas mal.
Les fèves pourraient être un peu plus
grosses mais elles sont belles et une
taille homogène.
Je crois vraiment que cette plante est
adaptée au climat d'ici.
Cette récolte est destinée à
l'alimentation animale.
On est très satisfait cette année.
Malgré des conditions météo difficiles.
La récolte est bonne. Tout s'est bien
passé.
Se diversifier, c'est une bonne façon de
réduire les risques.
Le grand danger pour les récolte vient
des orages et de la grêle, mais aussi
des canicules qui privent les plantes
d'eau et de nutriments. L'équipe de
Michaell Mercurer étudie les effets
combinés de ces deux aléas climatiques
sur l'agriculture.
Après une longue période de pluie
ininterrompue, ce champ de maïs est sec
depuis une semaine. [musique] une météo
en dent de qui laisse des traces
visibles au sol.
Les périodes de sécheresse modifient les
caractéristiques du sol. On observe
notamment la formation de croûte en
surface qui empêche l'eau de
s'infiltrer. Ensuite, quand il pleut, le
ruissellement augmente. Et puisqueavec
le changement climatique, les
précipitations seront beaucoup plus
intenses qu'aujourd'hui, il faut
s'attendre à davantage d'érosion lié au
ruissellement de surface.
Pour évaluer l'ampleur de ce risque
d'érosion, les chercheurs simulent
différents types de précipitation.
Ils mesurent la quantité de terre
emportée par la pluie sur un sol ou
moins sec.
Les résultats sont préoccupants.
[musique]
Ce qui est emporté, c'est la couche
arable, la plus fertile. Donc à terme,
l'érosion du sol réduit les rendements
agricoles car les plantes ne peuvent
plus puiser autant de nutriments. Et
puisque l'épaisseur du sol diminue, sa
capacité à retenir l'eau se réduit elle
aussi.
Des pluies torrentielles qui succèdent à
une période d'arité peuvent totalement
lessiver la terre fertile des champs.
Les villes et les communes aussi sont
toujours plus exposées aux colères du
ciel.
Bedburg en Renani a connu une nuit de
cauchemar le 8 septembre 2025. Entre 160
et 180 L d'eau par mètre carré ont
submergé ce lottissement récent.
La famille Valter revient sur place.
Après avoir eménagé dans la maison de
leur rêve en 2023, ils ont dû la quitter
en septembre 2025 après ses fortes
inondations.
L'eau s'effr un chemin dans tout le
quartier et jusque dans les maisons,
arrachant les joints de fenêtre et
fragilisant les fondations.
Ça fait un drôle d'effet de revenir ici.
Les images de cette nuit me reviennent
régulièrement en tête.
Il pleuvait des trompes d'eau.
Des torrents debout ont dévalé le petit
chemin qui va au jardin
et ils ont très vite inondé tous les
terrains.
L'eau est montée jusqu'à ce niveau.
Pour éviter une catastrophe, je suis
sorti dans la rue et j'ai sonné à toutes
les portes pour réveiller les voisins.
Ce lottissement faisait pourtant figure
de projets modèles doté de son propre
bassin de rétention d'eau capable
d'accueillir des pluies extrêmes censé
jusqu'à ce jour ne survenir qu'une fois
par siècle.
Mais urbanistes et architectes n'avaient
pas anticipé les flots qui dévaleraient
des collines voisines.
Si j'ai bien compris, un autre bassin
d'infiltration doit être construit en
amont de cet endroit où nous nous
trouvons et la ville prévoit d'autres
mesures.
Mais ça prend du temps et ça nous laisse
un goût amer.
Il faut changer d'approche et modifier
les modèles de calcul pour qu'ils
puissent anticiper ce genre de
situation. la prochaine fois. [musique]
Je pense qu'ici ça n'a pas été fait
correctement.
Depuis cette terrible nuit, une grande
partie des maisons du nouveau quartier
sont inhabitables.
Près de 20 familles ont dû quitter leur
logement au moins temporairement.
On se dit qu'on est fort, qu'on arrivera
à faire face à tout ça et puis soudain,
on fond en larme au milieu d'un magasin
parce qu'un tel bouleversement
existentiel est traumatisant
et ça finit toujours par refaire
surface.
On a perdu ce sentiment de sécurité
qu'on avait avant.
Si les déluges et les inondations
peuvent tout détruire, leur opposé n'est
pas moins dangereux.
Dans les villes en particulier où le
béton a remplacé les arbres, il se
forment rapidement des îlos de chaleur.
À Paris, les autorités ont réagi.
Raphaël Néral se rend dans une centrale
souterraine de production d'eau froide.
Des groupes frigorifiques y
refroidissent l'eau de la scène, utilisé
comme fluide caloporteur pour un réseau
de froid urbain relié en différents
bâtiments.
[musique]
Il y a un échange thermique qui se fait.
La scène repart légèrement réchauffée et
le réseau condenseur, il repart
rafraîchi et il va repartir au niveau
des machines de production de froid.
J'espère que ce type de centrale de
production de froid, ça va être le futur
de beaucoup de villes en France, en
Europe pour produire du froid autrement.
Basé sur une énergie renouvelable, le
réseau était destiné à l'origine à
refroidir principalement les bâtiments
public et les musées. Aujourd'hui, des
propriétaires privés paient eux aussi
pour être raccordés au réseau de froid
urbains.
En ce moment, le réseau, il s'agrandit
énormément. On a des gros besoins de
froid sur la rive droite mais aussi sur
la rive gauche. Et donc l'objet de ces
grands chantiers que vous voyez là,
c'est de traverser l'île de la cité pour
aller apporter du froid sur les
bâtiments de la rive gauche.
Ce réseau de froid souterrain, le plus
grand d'Europe, est un projet phare qui
pourrait faire école dans le monde
entier.
C'est une très grande fierté [musique]
pour nous. C'est sûr que quand vous
développez un réseau de froid de cette
ampleur, vous allez avoir besoin de
faire des travaux. Euh dans une ville
comme Paris, on a de la chance, on a le
réseau des égouts qui nous permettent de
passer une grande partie des
canalisations. Mais ici, parfois, on n'
pas le choix, donc on passe en terre.
Les journées chaudes qui suivent de
fortes pluies sont particulièrement
éprouvantes.
Chaleur et humidité mettent les
organismes à rue d'épreuve.
Au CHU de Munich, une série
d'expériences va débuter.
On va commencer par te peser, prélever
un échantillon d'urine et de salive puis
installer tous les capteurs.
Ensuite, on passera dans la chambre
climatique.
Une chambre climatique qui doit aider
les chercheurs à déterminer comment
réduire le stress thermique auquel le
personnel soignant est exposé.
De nombreuses professions sont fortement
impactées par la chaleur, ce qui va
s'accentuer avec le changement
climatique.
On a besoin de différentes mesures comme
ce genre de gilet rafraîchissant.
Raphaël Mitelberger est infirmier. Sous
sa tenue de travail, il porte un gilet
rafraîchissant, un bibé d'eau. Avant
l'expérience, les chercheurs mesurent le
taux de plusieurs hormones du stress et
recueillent des données comme le poids,
la fréquence cardiaque, la tension
artérielle ou encore la température
corporelle. Ces données physiologiques
leur permettront de documenter le stress
thermique éprouvé par le soignant au
cours de son service.
La question principale est de savoir si
un gilet rafraîchissant peut aider à
réduire le stress thermique en été,
notamment dans les métiers de la santé.
Pendant 3h et demi, l'infirmier va
simuler son quotidien professionnel dans
une chambre climatique chauffée à près
de 32 degrés.
Ces dernières années, on a clairement
sous-estimé les effets des épisodes
météointenses sur le monde du travail.
Une chaleur humide est nettement plus
difficile à supporter qu'une chaleur
sèche parce que dans un air saturé
d'humidité, on a notamment du mal à
transpirer.
Arpenter les couloirs de l'hôpital,
passer de chambre en chambre, s'occuper
des patients, faire les lits. Le
protocole expérimental reproduit le
quotidien du personnel soignant lors
d'une journée de canicule.
Ces jours-là, le nombre de décès lié à
la chaleur augmente, [musique]
tout comme les cas d'urgence, car dans
ces conditions, l'organisme se
déshydrate rapidement.
[musique]
Reste calme. Retiens ta respiration.
Voilà, c'est bon.
Si je fais un rapide calcul de tête, on
arrive à environ 700 ml de
transpiration.
[musique]
Malgré le gilet, l'infirmier transpire à
peu près autant que pendant une heure de
sport d'endurance. [musique]
Il faut absolument poursuivre les
recherches sur le sujet.
On doit en savoir plus sur les
professions qui sont les plus exposées
et dans quelle mesure. Et puis dans un
second temps, il faut transmettre ces
informations et en tirer des mesures
concrètes et applicables en conditions
réelles.
Le gilet rafraîchit le corps grâce à
l'évaporation de l'eau imbibée dans le
tissu. Des essais comparatifs sans
gilets doivent encore permettre
[musique] d'en confirmer l'efficacité.
Retour dans la campagne bavaroise. Cette
station myilicole va tenter de relever
un défi important. Pratiquer l'élevage
des moules perlières d'eau douce pour
assurer leur survie.
Sa capacité à filtrer les polluants
présents dans l'eau en fait une espèce
précieuse pour nos rivières.
[musique]
Dans le bassin, on distingue même le
pied avec lequel elle se fixe entre les
gravier.
L'élevage est une méthode qui fonctionne
très bien et qui est devenue un outil
essentiel.
Mais il faut garder à l'esprit que ça ne
résoudra pas les problèmes dans les
cours d'eau naturels.
Une fois qu'elles seront réintroduites
dans leur milieu, ces jeunes moules
d'élevage doivent pouvoir retrouver un
habitat adapté.
En été, les moules femelles libèrent
leurs larves appelées Glukidie.
Elle dérive avec le courant de la
rivière ou du ruisseau jusqu'à se fixer
dans les branchis d'une truite.
Elle s'y développe alors pendant une
dizaine de mois avant de se détacher et
se laisser tomber au fond de l'eau.
Une seule moule peut produire plusieurs
millions de larves chaque été, ce qui
facilite grandement leur élevage.
Étudier les jeunes moules peut nous en
apprendre beaucoup sur la restauration
des cours d'eau. Comme elles sont
marquées, on peut suivre leur
déplacement dans le milieu aquatique et
mieux comprendre quelle mesure de
renaturation sont réellement efficaces.
Une fois qu'elle quitte les branchis de
la truite, la larve s'enfou dans le
substrat cour d'eau pendant encore 5
ans. Une fois adulte, la moule remonte
ensuite et se fixe entre les graviers.
Les larves d'élevage grandissent dans
des vagues protégées pour leur éviter de
mourir étouffés dans la vase chariée par
les fortes pluies.
Dans la nature, elles ne pourront
survivre que dans des tronçons de
rivière capables de résister aux
conditions extrêmes.
Ces moules ont environ 3 ans.
Ça montre que la qualité de l'eau dans
ces bacs leur permet de poursuivre leur
croissance.
C'est très encourageant
et si l'élevage est pratiqué de façon
aussi rigoureuse qu'ici, on peut espérer
qu'il permettra d'empêcher l'extinction
de l'espèce.
Les chercheurs emportent quelques moules
adultes issues de l'élevage.
Équipé de mini émetteurs, elles vont
retrouver la vie sauvage dans le segment
d'un cour d'eau renaturé il y a quelques
années.
Ce n'est guère plus qu'un petit
ruisseau, mais ce type de restauration
partielle pourrait constituer une
solution transitoire pour préserver la
survie des mulettes.
marque chaque individu pour assurer leur
suivi. L'objectif est de contrôler si
elle reste sur place, si les zones qu'on
a identifié leur conviennent réellement
ou bien si elles se rétractent dans leur
coquilles pour tenter de dériver vers
d'autres secteurs.
Mais pour préserver durablement cet
écosystème unique que sont les lits de
rivière, des opérations de renaturation
à plus grande échelle sont nécessaires.
Le scellé près de Fijac se trouvent à
environ 150 km au nord de Toulouse. Il y
a une quarantaine d'années, la rivière a
été rectifiée et un plan d'eau
artificiel a été créé. Mais très vite,
des bactéries toxiques ont proliféré
dans le scellé source d'eau potable pour
la région. Joël Trémoulet, hydrogéologue
de formation, tente aujourd'hui de
corriger ses erreurs du passé.
Aujourd'hui, on a changé de paradigme,
c'est-à-dire qu'on a des variations de
débit plus importantes qu'avant.
c'est-à-dire des sècheresses plus
marquées, des phénomènes de
ruissellement et donc des crues plus
subites. Le principe de ce type de
travaux, on va sur des sur ce principe
de solution fondée sur la nature mais
dans l'idée de la faire revenir dans son
tracé initial le plus naturel où on doit
prendre en compte aussi ces questions de
changement climatique et aussi la crise
de biodiversité. Un énorme chantier d'un
coût d'environ 6,6 million d'euros qui
permettra de recréer l'équilibre
écologique naturel de la rivière.
Le lit du Cellé va notamment retrouver
son tracé d'origine sur 500 m. Pour
mener à bien cet objectif, la chef de
projet Léa Manè a prévu de nouvelles
berges végétalisées inspiré des contours
naturels d'autrefois sur plus d'un km.
Pour l'adaptation au changement
climatique. Ici, on est surtout sur la
capacité de résilience du cour d'eau et
la possibilité pour les poissons de
migrer lorsqu'il fait très chaud. Faut
aussi penser en amont à restaurer des
zones humides qui se gorgent d'eau
pendant l'hiver et qui restituent l'eau
pendant l'été tout doucement qui évite
d'avoir des grosses sécheresses.
La biologiste a aussi recréé une forêt
alluviale que le fleuve pourra inonder
sans danger lors des crues.
L'essentiel pour les préparer au
[musique] changement climatique. Il y a
aussi le besoin de méandré qui va être
restauré sur ce cour d'eau. Et [musique]
il y a aussi les arbres, la répible qui
est très essentielle pour le cour d'eau,
pour faire de l'ombre, pour aussi
permettre au cours d'eau d'être de
s'autoépurer.
Et tous ces éléments-l sont pris en
compte dans le projet et sont valorisés
dans le projet.
Patrice Jobert de la Fédération du Lotte
pour la pêche soutient les travaux.
L'association participe à la
préservation et à la protection des
milieux aquatiques.
L'ancien barrage en béton, encore
visible au milieu de la rivière doit lui
aussi être entièrement démantelé.
C'est une véritable opportunité pour la
rivière. Donc c'estàd que les poissons
qui sont en aval sont aujourd'hui,
demain seront en capacité de franchir ce
barrage qui n'existera plus et d'aller
coloniser les affluents du scellé. Donc
on recrée un cycle en fait de libre
circulation des poissons et on améliore
à la fois la qualité de l'eau et on
améliore la qualité du substrat biotope
favorable au poisson qui est
originellement peuplé le scellé.
À quelques kilomètres en amont, Patrice
Jobert et les membres de la Fédération
de pêche ressent et documentent
régulièrement les espèces de poissons
qui peuple le scé au moyen de la pêche
électrique.
Le courant tétanise brièvement les
poissons et les attire dans les
puisettes. Cette méthode est considérée
comme la plus respectueuse pour recenser
les populations.
[musique] Ce tronçon de rivière a été
renaturé il y a plusieurs années déjà.
Avec succès, des espèces comme la
truite, [musique] essentiel à la survie
des mulettes perlière, ont fait leur
retour.
Là, ce qu'on espère avoir comme
résultat, c'est d'avoir une population
de truite qui démontre que le milieu est
fonctionnel après des espèces
d'accompagnement qui indiquent que on a
un biotope très particulier et très
conforme,
c'est il est encore temps de sauver les
populations piscoles et de sauver les
rivières. Lorsqu'on supprime les
barrages, il faut une logique de l'aval
vers la mort. Ce qui est important comme
sur le scé, c'est d'avoir une cohérence
d'action sur tout le bassin versant.
Comme ici, l'être humain peut aider les
différents milieux naturels à mieux
résister au sous-bressaut du climat.
Dans les bassins du centre de recherche
océanographique Géomar à Kille, le
biologiste marin Torsten Reich cultive
des herbes marines, des ostères.
Ici, on s'efforce de cultiver et de
faire pousser ces herbes marines.
L'objectif à moyen terme est de rendre
les herbiers marins locaux plus
résistants à la chaleur.
C'est un peu comme dans la culture
sélective des plantes terrestres où l'on
sélectionne des variétés de céréales
résistantes.
Les biologistes marins ont constaté
qu'une grande partie des herbes marines
meurt lorsque la température de l'eau
dépasse les 26°.
Mais une petite proportion survie a des
températures bien plus élevées.
Là, on voit une herbe en floraison.
Sur certaines tiges, on distingue même
la formation de graines qui commencent
lentement à se développer.
Dans cette armoire, les chercheurs de
Kill conservent les graines comme un
véritable trésor.
Les austères sont en effet porteuse d'un
grand espoir dans la lutte contre le
changement climatique. Elles poussent
sur les fonds marins sableux près des
côtes.
Les herbiers marins comptent parmi les
écosystèmes aquatiques les plus précieux
au monde.
Ils remplissent de nombreuses fonctions,
notamment le stockage du CO2 dans les
sédiments.
En un sens, on peut dire que les
herbiers marins sont les tourbières des
océans.
Une tourbière est elle aussi saturé
d'eau, ce qui empêche la décomposition
de la matière organique fossile par
manque d'oxygène.
Il se produit naturellement la même
chose dans les sédiments des herbiers
marins.
Mais ces derniers sont vulnérables à la
chaleur et aux polluants
environnementaux.
Les recherches menées à Kille doivent
contribuer à renforcer les herbiers
existant [musique] avec de nouveaux
plans et à recréer de vastes prairies
sous-marines partout dans le monde. Car
les herbiers sont des puits de carbone
mais aussi [musique] un habitat
irremplaçable. De nombreuses espèces
marines viennent effrayer et leurs
alvins y trouvent refuge.
[musique]
Un herbier marin est un super écosystème
mais son effet sur le climat via le
stockage du CO2 n'est qu'un aspect parmi
d'autres.
Pour moi, il faut le voir comme un
ensemble qui répond à une double crise,
celle du climat et celle de la
biodiversité qui touche les milieux
aquatiques aussi bien que terrestres.
Capter le CO2 de l'atmosphère [musique]
et le stocker dans les herbiers marins.
Une piste pour atténuer les effets du
changement climatique.
Une autre approche prend forme dans les
laboratoires de l'Institut Max Plank de
microbiologie terrestre dans la ville
allemande de Marbourg.
Dans ces algues, Tobias Herb développe
des complexes d'enzymes capables de
capter le CO2 atmosphérique plus
rapidement et plus efficacement que les
plantes.
Pouvoir tester en laboratoire, dans des
éprouvettes et avec différents
composants ce qu'on a imaginé en
théorie, c'est une étape importante pour
nous. Pour faire une analogie, on a
d'abord construit le moteur sur un banc
d'essai et là on l'a enfin intégré à un
châssis, en l'occurrence une algue pour
observer les effets dans un organisme
vivant.
Lors de la photosynthèse, les plantes
utilisent la lumière et l'eau pour
transformer le CO2 en oxygène, tout en
fixant le carbone dans leur biomasse.
Le biochimiste, spécialiste du
métabolisme, a en quelque sorte repensé
ce processus pour s'affranchir de
certaines limites propres à la nature.
Une plante absorbe le CO2 relativement
lentement.
Il y a 10 ans, on a commencé à réfléchir
à une nouvelle manière d'envisager la
photosynthèse.
Il nous a fallu des années pour
concevoir la solution en laboratoire.
Aujourd'hui, on en est au stade où on
peut tester ce processus dans des
cyanobactéries, des algues. C'est une
avancée extraordinaire et aussi une
grande satisfaction de voir que grâce à
la biologie de synthèse, l'être humain
est capable d'inventer de nouvelles
solutions.
Un microscope spécialisé permet aux
chercheurs de visualiser les résultats
obtenus dans les algues.
Le CO2 capté ressort en bleu clair.
L'algue est naturellement capable de
fixer le CO2 mais assez lentement et
moins efficacement qu'elle le pourrait.
Grâce à ces nouvelles voies
métaboliques, elle peut en capter
davantage et potentiellement croître
plus vite. C'est un avantage majeur pour
l'avenir de pouvoir fixer plus de
dioxyde de carbone en moins de temps et
avec moins d'énergie.
Tobias Herbe est même allé plus loin.
Grâce à une modification génétique, il
est parvenu à intégrer ce complexe
enzymatique dans du colza. Ces plans
modifiés captent dans l'atmosphère près
de 10 % de CO2 en plus que le colza
normal. Rapporté à l'ensemble des
végétaux dans le monde, le potentiel de
réduction de ce gaz à effet de serre
[musique] serait considérable.
Pour la première fois, on constate que
les enzymes sont présentes, que cette
nouvelle voie métabolique semble
fonctionner au sein de la plante. On est
donc très optimiste. Il faut encore
procéder à une analyse détaillée des
données, mais les premiers résultats
sont encourageants.
Un projet de recherche ambitieux et
particulièrement complexe
combiné avec des mesures plus simples
qui peuvent aussi faire la différence.
En Bavière, le chercheur Jurgen Geist
prévoit une nouvelle utilisation
d'anciens étant piscool.
Ces éts ont été rachetés par l'agence
locale de gestion de l'eau afin de
servir de tampons pour les cours d'eau.
Concrètement, pendant les périodes de
sécheresse prolongée comme celle qu'on
connaît de plus en plus souvent en été,
ces étemps peuvent redistribuer de l'eau
en urgence et éviter l'assèchement des
rivières et la mortalité des moules qui
les peuplent.
De nouvelles plantations sélectionnées
avec soin peuvent aussi contribuer à
atténuer les effets des perturbations
climatiques majeures.
Ce drone est équipé d'une caméra
thermique. Plus les zones apparaissent
claires à l'écran, plus la température
au sol est élevée.
On voit bien que les lisières jouent un
rôle important
là où il n'y a pas de végétation.
ou seulement de l'herbe rase,
les températures sont nettement plus
élevées que là où poussent des buissons.
On peut faire varier la courbe de
température de plusieurs degrés selon la
présence ou non de berge végétalisé qui
crée de l'ombre. Ça dépend aussi de
comment sont exploités les terrains dans
le bassin versant de la rivière.
Il y a plusieurs [musique] années, les
chercheurs ont relâché des moules
équipées de mini émetteurs dans ce bras
de la rivière.
Le détecteur indique leur présence.
Ce bout de rivière est entouré de
prairies humides loin des terres
agricoles cultivé.
Ici, les berges ont été restaurées.
Il y avait autrefois des éticoles qui
ont été rachetés puis reboisés.
Ça a permis de recréer un secteur
relativement favorable aux moules.
Un succès et un exemple à suivre.
Là où la moule perlière se porte bien,
c'est que les conditions hydriques sont
bonnes. La qualité de l'eau est
satisfaisante et l'équilibre
hydrologique de la zone est préservé.
Cela profite aussi directement à notre
propre bien-être et à notre santé parce
que c'est également une zone de captage
de l'eau potable.
La bonne santé des mulettes est
probablement la meilleure garantie que
l'eau est de qualité pour nous aussi.
Mais savoir s'adapter au changement
climatique ne suffira pas à nous
protéger des catastrophes qui en
découlent.
Compte tenu des limites aux capacités
d'adaptation, c'est de réduire les
émissions de gaz à effet de serre plus
rapidement pour arriver à limiter
l'ampleur du réchauffement lui-même. Et
c'est un enjeu de justice entre
générations parce que les enfants qui
naissent aujourd'hui, ils vont être
exposés de manière disproportionnée à à
l'exposition à des événements extrêmes
comme les vagues de chaleur, les
sécheresses, les plus intenses, les
conditions propices aux incendies ou les
cyclones de forte intensité. Et donc
agir maintenant, c'est aussi agir de
manière responsable. pour éviter un
fardeau disproportionné pour les plus
jeunes. Dans les Alpes occidentales, on
pourrait encore préserver des volumes
importants de glace, mais il faut agir
rapidement. La seule mesure efficace
serait de réduire les émissions de gaz à
effet de serre.
Même en réduisant ces émissions de 90 %,
il serait nécessaire d'extraire
activement du dioxyde de carbone de
l'atmosphère. Pour se faire, nous
devrons recourir à des méthodes fondées
sur le vivant, mais aussi à des
solutions techniques et industrielles.
Sous l'effet du dérèglement climatique
provoqué par l'activité humaine, les
phénomènes météorologiques extrêmes
[musique] posent un problème majeur.
Il est encore temps d'en limiter au
moins les conséquences les plus graves.
Ask follow-up questions or revisit key timestamps.
Le documentaire explore les conséquences profondes du changement climatique sur nos écosystèmes, en mettant particulièrement l'accent sur l'intensification du cycle de l'eau. Entre périodes de sécheresse extrême et pluies diluviennes, l'équilibre naturel est rompu, menaçant la biodiversité, les réserves d'eau potable, la sécurité alimentaire et la santé humaine. Le reportage présente diverses initiatives scientifiques, allant de la renaturation des rivières et de la protection d'espèces bio-indicatrices comme la moule perlière, à des innovations technologiques visant à optimiser l'absorption du CO2 par les plantes. Il conclut sur l'urgence de combiner ces stratégies d'adaptation avec une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre pour limiter les impacts à long terme.
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