L'art de la légèreté | Twist | ARTE
627 segments
[musique]
Plus la musique est forte, plus elle
libère d'énergie.
Et cette énergie libère aussi les gens.
Je trouve toujours que lorsqu'elles se
dégagent, ils deviennent libres et
léger.
[musique]
Je recherche ardemment cette sensation
zen de légèreté.
Se détendre complètement et vivre
l'instant présent en laissant tout se
produire. Mais je ne suis pas très fort
pour ça. Bien au contraire. [musique]
Pour moi, la légèreté c'est le bonheur.
Quand j'y arrive, j'ai l'impression que
c'est facile de traverser la vie. C'est
tellement facile de se lever le matin,
même si ce que j'ai à faire ce jour-là
est très dur.
[musique]
La légèreté me donne plein de
possibilités.
C'est une [musique] légèreté. Tout peut
voler, les idées peuvent voler. Ça pèse
rien une idée. Donc elle peut elle peut
voyager, on peut la transférer à des
gens qui parlent pas du tout votre
langue, qui n'ont pas du tout votre mode
de vie. Et ça c'est une forme de
légèreté que je trouve très très
poétique.
[musique]
La vie nocturne reflète parfaitement
l'ambiance qui règne dans un pays.
Je constate souvent ces temps-ci que les
gens sont plus anxieux et inquiets.
Ça me motive d'autant plus à leur faire
passer un bon moment
pour qu'ils puissent oublier tous leurs
soucis
et se sentir libre tout simplement.
Anna Reich trouve la légèreté dans la
techno. Dans sa ferme au Danemark, elle
trouve aussi le calme lorsque les
longues nuits pèsent de tout leur poids.
Elle est originaire de Vis Baden. Elle
produit ses propres morceaux et mixe à
l'étranger.
Les clubs ont toujours été, sont encore
et resteront, espérons-le, un lieu de
rencontre pour les personnes qui veulent
simplement s'évader du quotidien, qui ne
se sentent pas bien dans leur vie de
tous les jours. Ils viennent tous aux
soirées techno.
[musique]
Il faut juste que ce soit amusant, qu'on
puisse passer un bon moment.
Si je ne ressens pas ça moi-même,
comment puis-je attendre des autres
personnes présentes dans la pièce
qu'elle le ressentent ?
J'ai toujours aimé danser et faire la
fête.
Souvent, on reproche ce goût aux femmes
pour une raison que j'ignore. Beaucoup
prétendent automatiquement que lorsqu'on
danse derrière la table de mixage, qu'on
s'amuse et qu'on fait la fête, on
néglige la technique.
[musique]
On peut faire les deux. On peut faire la
fête, jouer avec trois lecteurs et tout
contrôler. Mais beaucoup de gens ont du
mal à le croire.
[acclamation]
Avant, il était impensable qu'une blonde
vive et rigolote comme je l'ai toujours
été puisse s'imposer dans le monde de la
techno.
J'ai toujours été comme ça. Quand tout
le monde dit non, je dis oui. C'est pour
ça je pense qu'il m'a été plus facile de
franchir ces obstacles ou de les
surmonter et de continuer. Ça peut faire
naître une cheat storm de plus mais la
vie continue.
Ça
OK.
Bonjour Hermine.
Ici à la maison à la ferme on repense à
tout. Au dernier concert, comment ça
s'est passé ? Au prochain, comment ça va
se passer ?
Mais pour moi, trop réfléchir, c'est
probablement ça le pire ennemi de la
légèreté et de l'art.
Quand je suis partie au Danemark avec
tout mon bazar, je n'y ai pas vraiment
réfléchi.
Je n'avais qu'un seul objectif en tête
et je m'y suis tenu.
Quand je repense aujourd'hui à tout ce
que cela voulait dire pour la suite, je
ne sais pas si j'aurais osé le faire si
j'avais su à l'avance, si j'avais
vraiment pris conscience de tout ça.
[rires]
Mais une fois lancé, il n'y a plus de
retour en arrière. On va jusqu'au bout.
Je ne pourrais pas faire mon job sans
avoir cette vie à côté parce que
quelle raison j'aurais de me lever tôt
le lundi matin si je n'avais pas
d'animaux ?
J'ai des collègues qui dorment jusqu'à
11h en semaine.
Non, c'est pas pour moi.
Je le remarque aussi dans mon corps.
J'ai besoin d'une routine très
régulière. me coucher tôt, me lever tôt.
Ce qu'il y a avec les animaux, c'est que
c'est toujours agréable de se détourner
de soi-même.
Je trouve ça bien de se concentrer sur
les autres ou plutôt ça me fait du bien
parce que dans mon métier, tout le
monde, y compris mes collègues, se
concentre en permanence sur moi, sur mon
travail,
comment s'est passé le concert, comment
est le nouvel album et cetera.
Je suis toujours au centre tandis que
quand je suis à la maison avec toutes
ces bestioles poilues, c'est plus moi
qui suis au centre de l'attention, c'est
eux et ça me fait du bien.
[musique]
[musique]
Plus je me sens bien, plus je regarde
les gens et moins je me sens sûr, plus
je fais attention à ma technique. Faire
ce que j'ai l'habitude de faire me
rassure.
Quand je suis nerveuse, j'ai toujours
besoin de beaucoup de temps avant de
pouvoir lever les yeux vers le public.
Quand il y a beaucoup de monde devant
moi, je suis assez
[rires]
[musique]
l'art repose toujours sur un
savoir-faire artisanal. Si tu es
peintre, tu dois maîtriser la peinture,
le matériaux. Tu dois t'y connaître en
pinceau, tu dois t'y connaître en
couleur, en solvant, en toutes sortes de
choses. Pour un sculpteur ou autre,
c'est pareil. C'est quand même
artisanal, mais si tu maîtrises les
bases de ce métier, je pense que tu peux
commencer à en faire de l'art.
Quand je ne réfléchis pas à ce que je
joue, quand je sais immédiatement
"okceau-l ensuite, puis ce morceau, puis
celui-là et que tout se passe bien,
c'est ça des soirées légères. [musique]
Je vais souvent en boîte la nuit. Je
peux avoir des mots de tête, des mots de
ventre, je peux être épuisé, tout ce
qu'on veut.
Mais dès que la musique démarre, dès que
les bases grondent,
[musique]
même quand j'allais vraiment mal, je
n'ai jamais annulé un concert parce
qu'en fait
je me sentais toujours mieux. Après
mon travail souvent je le compare à à
comme une table de mixage, vous savez où
où on ajoute la grosse caisse, le
Charlestone, la guitare et tout doit
matcher. C'est un équilibre.
Pour Vincent Leeri, la légèreté est un
exercice d'équilibre entre l'acier, le
carbone et le mouvement.
[musique]
Pour ces sculptures cinétiques, le
Parisien a recours au vent un ingrédient
qu'il trouve partout dans le monde.
[musique]
Elles doivent inciter les gens à
s'arrêter, à s'émerveiller et à changer
leur vision des choses pour que
l'insouciance remplace la pesanteur de
la vie.
[musique]
Mais il faut essayer de je pense c'est
ce que j'essaie de faire de ranger les
choses mais enfin moi je suis je range
très très mal la tête en fait tout
arrive tout le temps et tout superpose.
Faire quelque chose de léger en fait
c'est pas simple. C'est c'est assez
difficile en fait.
Souvent dans mon travail, je me dis "Ah,
je suis arrivé sur une impasse, il y a
pas de solution."
[musique]
Alors quand la tête est un peu chargée,
c'est vrai que c'est pas facile de se
libérer.
Et c'est peut-être là où faut être plus
léger, se sentir plus libre, prendre du
recul. C'est souvent quand on trouve
prend du recul de la distance qu'on
trouve les solutions.
Le vélo est super. Aller en vélo dans
Paris, prendre de l'air, respirer.
Ça crée une certaine distance, une
légèreté qui parfois permett de résoudre
des problèmes bien lourds, bien
pénibles.
J'aime bien conduire sans les mains. Je
me sens beaucoup plus libre. Je sais
pas. Puis alors, il y a un équilibre sur
le vélo qui est incroyable.
Grenade.
Ah mais c'était un seul.
Ouais.
Je viens assez souvent le matin avant de
travailler ici. Merci. C'est surtout
pour la lumière, je crois, parce qu'on a
le on a le soleil qui est dans l'axe de
la scène. Il y a une très grande
profondeur, très grande longueur et la
lumière se reflète sur les façades, sur
les arbres. En fait, il y a une il y a
une superbe perspective et ça me donne
une ouverture d'esprit.
C'est mes petits croquis de recherche.
Donc je teste des des proportions. Ça
c'est une nouvelle installation.
Il faut pouvoir prendre ces petits flash
au moment où ils arrivent. Sinon si on
les loupe, bah ils partent et ils
disparaissent.
J'ai jamais trop cherché à faire de la
légèreté,
mais c'est venu naturellement dans mon
travail.
J'aime voir loin. J'aime voir l'horizon.
J'aime qu'il y ait de l'air.
Le domaine des de la nature en surtout
les les les feuilles qui sont accrochées
aux branches sont très inspirantes dans
mon dans mes recherches parce qu'elles
subissent un de de mouvements avec le
vent et je cherche à faire des
mouvements [musique] très légers, très
fluides.
Moi, j'essaie d'avoir un mobile qui
tient, qui qui dure, mais en fait, je
dois le penser assez léger.
Pour la petite anecdote, ben je l'emmène
en avion. Une partie des caisses que
vous voyez derrière moi sont sont des
caisses que j'emmène de l'autre côté de
la planète.
[musique] Et c'est marrant parce que
quand j'arrive à l'aéroport avec mes
caisses, les douiniers custom, ils me
demandent qu'est-ce que c'est que ça ?
Je leur dis, vous savez, c'est c'est un
c'est un mobile, ça bouge, ça bouge avec
le vent et ça matche toujours. Ils sont
toujours, je vois un sourire, il dit "Ah
moi aussi je fais des petits trains, je
fais des choses comme ça" et bon et ça
passe.
Je vais à camp en Normandie.
Je travaille pour Singapour, New York,
Los Angeles et une fois je vois arriver
une demande pour quand et ça m'a
beaucoup touché. Je suis né en Normandie
et je suis passé à l'école à camp quand
j'étais teenager. C'est une nouvelle
sculpture qui s'appelle Molécular Cloud
qui va rester des années.
Ce serait impossible pour moi de faire
quelque chose complètement détaché d'un
lieu et l'endroit où je vais faire une
installation
me génère beaucoup de de solutions,
d'idées et me donne la direction.
Ben, j'essaie de j'essaie de cacher le
le il y a un échafaudage derrière avec
une publicité et j'essaie d'avoir une
vue un peu plus clean et et avec la
petite marguerite là, j'arrive à à faire
un flou sur la photo et ça cache cet
échafaudage.
Mais c'est c'est sensible. [rires]
[musique]
C'est toujours intéressant de découvrir
une œuvre monumentale quand elle vient
d'être finie parce que il y a beaucoup
de paramètres qu'on dont on avait pas
pensé comme le temps, comment les
nuages, comment ils vont se refléter,
les bâtiments autour,
la vue dans les nuages là-dedans. Ça ça
c'est c'est intéressant.
Waouh ! C'est c'est mieux que sur les
dessins.
J'aime bien prendre des photos parce que
je découvre mon travail comme quelqu'un
d'extérieur. J'ai pas envie d' [musique]
déconnecter avec leur leur vision. Je
veux avoir cette même cette même
approche.
Et et cette naïveté, elle est
intéressante parce que elle donne de la
liberté. Un enfant souvent l'a cette
naïveté.
et faudrait essayer de rester enfant
mais bon ça c'est pas [musique] possible
mais ouais faut essayer de de garder
cette naïveté un peu partout c'est pas
évident hein dans notre monde moderne de
contrainte
mais en tout cas moi je je le cultive he
j'y travaille beaucoup pour regarder
rester curieux partout où je vais dans
le monde avoir envie envie de découvrir.
C'est sympa la lumière dedans. Ça éclate
ça.
Les combats que je mène contre ma
feuille de papier, ça n'est pas drôle.
Le monde entier se résume à cette
feuille de papier. La seule question qui
se pose, c'est le dessin sera-t-il
réussi ou raté ? S'il est raté, ce sera
un drame.
Surtout quand tu travailles à la main.
Tu as un moment où tu sais qu'il suffit
d'un trait de travers pour que ce soit
fichu.
Le rêve est évidemment qu'un jour je
sois tellement détendu et sûr de moi que
je parte à l'atelier le matin, que je
saisisse la feuille de papier, que ça
coule de source et qu'il en sorte
quelque chose d'extrêmement brillant.
Christophe Nimman recherche la légèreté
sur le papier. Les dessins [musique] de
l'illustrateur qui vit à Berlin sont
souvent épurés mais plein d'imagination.
Ceux du dimanche, les Sunday [musique]
Sketches, sont mondialement connus pour
leur regard différents et ludiques sur
le quotidien.
Quand j'écoute un morceau de musique et
je ressens cette légèreté absolue chez
Mozart par exemple, je me dis que tout a
du sens, que ça tombe du ciel, ça me
touche profondément, alors je n'ai à
faire aucun effort. Ça illumine quelque
chose en moi. Et c'est pour cette raison
que nous devenons artistes parce que
nous avons vécu ce sentiment.
[raclement de gorge]
Quand je fais un dessin calligraphique
aéré, j'espère obtenir cet effet de
légèreté.
Mais cela ne veut pas dire que j'ai
simplement à m'asseoir et à agiter mon
pinceau. Ce n'est pas comme ça que ça
fonctionne.
La légèreté dans le travail et la
facilité à regarder l'œuvre sont deux
choses complètement indépendantes. Et
même si on les pratique longtemps, on
s'y perd. On se dit "Je dois mal faire
les choses." Pourquoi est-ce si
fatiguant ? Ou pour "Pourquoi n'est-ce
pas plus facile ?
Un de nos professeurs a dit un jour
qu'il fallait 1 heure pour trouver une
bonne idée et 20h pour donner
l'impression que cette idée avait germé
en 5 minutes.
Il y a parfois ce grand moment où je dis
"ça y est hop" et où tout est là comme
par magie.
Parfois, il faut persévérer, parfois il
vaut mieux laisser courir et parfois il
arrive de faire une erreur vraiment
intéressante, mais c'est très rare.
Mais je sais que si jamais quelque chose
doit se produire, ça ne se produira que
si je suis à mon bureau avec le pinceau
à la main.
Je suis très heureuse que nous soyons
là, que Christophe soit arrivé à l'heure
en train et que nous inaugurions cette
exposition Rand Notizon. Note en marge,
un titre très modeste.
Nous avons vu qu'il s'agit en fait d'une
sélection d'œuvres sur une durée de 30
ans de travail. On peut parler d'une
rétrospective.
[musique]
[musique]
[musique]
[musique]
Au final, chaque dessin n'est qu'une
série de petits points noirs sur un
morceau de papier. Cela signifie que
tout ce que nous voyons n'est pas
réellement visible, mais se construit
naturellement dans notre esprit. À ce
niveau, nous ne voyons que des triangles
et des demi-cercles. Il n'y a donc ici
rien à voir qui serait quelque part
humain ou scénique.
Pour moi, ce qui est pertinent dans une
image, dans un musée ou dans un
magazine, c'est uniquement ce qui se
passe entre l'œuvre et le public. Je
trouve que l'identité de l'auteur n'a
absolument aucun intérêt.
Là, il s'agit d'un adulte qui apprend à
jouer du piano et des difficultés qu'il
y a à se retrouver dans la même
situation qu'un enfant de 6 ans.
Encore une question. Il y a une image où
le texte est inversé. C'est voulu.
Où ça ? Où est-ce que le texte est
inversé ?
La ligne tout en dessous. La deuxième en
partant du bas est à l'envers.
C'est une erreur. Et oui, il faudrait la
retourner.
Vous avez été très observatrice.
C'était un test.
Dans les croquis de voyage, il s'agit de
moments très personnel et toutes les
images ne déclenchent pas forcément
quelque chose chez quelqu'un d'autre.
L'important,
c'est la légèreté qu'il y a à faire
quelque chose uniquement pour moi, juste
pour le plaisir d'être là.
Immortaliser un lieu sur papier, il ne
s'agit que de ça. L'œuvre qui en résulte
à la fin est en réalité presque un
sous-produit.
Tout ne doit pas forcément être le fruit
d'un travail intellectuel intense et
surtout je ne suis pas obligé d'écrire
dessus.
Si l'un a une fonction, c'est bien de
bousculer les choses, [musique]
de te faire remarquer qu'il y a du
mouvement
[musique]
ou de faire ressentir cette empathie
fondamentale,
cette remise en question de tes propres
convictions
[musique]
et ça fonctionne parfois mieux dans le
registre de la légèreté.
La seule solution que j'ai trouvé
jusqu'à présent, c'est de dessiner
beaucoup beaucoup.
Et à un moment donné, tu sens vraiment
comment le papier se comporte et tu sais
comment réagir rapidement.
Tout l'art consiste à ne pas perdre sa
légèreté et donc son enthousiasme,
pouvoir se dire "Bon, je vais
recommencer depuis le début, ça
fonctionnera peut-être la prochaine
fois."
Et je crois que c'est en fait le seul
talent qui existe et que tu ne peux
enseigner à personne.
Et à la 4e version, tu dis "Vous savez
quoi ? Allez vous faire foutre."
[musique]
Je devais dire le moment le plus
important, c'est une fois qu'on a
chiffonné son dessin là. Ou bien on se
dit "J'arrête, j'ai besoin d'une pause
ou bien j'y retourne". C'est maintenant.
Bien sûr, il y a des jours où je me sens
lourde parce que je suis épuisé
mentalement et physiquement, mais ça
fait partie de notre métier.
Quand j'ai un pas difficile à faire,
j'essaie de ne pas trop y penser. À la
limite, j'essaie de ne pas trop
m'exercer.
Et si ça marche une fois, génial, ça me
suffit. Je l'ai fait.
Dans le balai et la danse, tout est
soumis à ce qui se passe au moment où on
le fait. Tout est en live.
La plupart du temps, c'est mon but.
[musique]
Être engagé dans l'instant et dans ce
qui est en train de se passer, quelle
que soit l'histoire que je danse.
Max Richter travaille entre deux
extrêmes, une tension absolue et une
légèreté maximale.
Né et élevé aux États-Unis et sur scène
Azurique [musique] dans le balai Oiseau
Rebelle.
Je pense qu'en tant que danseur, nous
devons beaucoup nous aider de la
pesanteur et c'est difficile car on
penserait plutôt, surtout dans le balai
classique qu'il ne faut pas qu'on sente
cette pesanteur.
[musique]
Je crois qu'il faut l'utiliser à notre
avantage.
[musique]
J'ai l'impression de voler [musique]
au sens où je me perds dans la
chorégraphie.
Je jouis du bonheur d'être sur scène et
de jouer dans cette histoire.
[musique]
À ce moment, quand je saute, c'est comme
si je m'immergeais vraiment dans
l'histoire, comme si je m'y lançait
complètement, ce qui est très libérateur
et d'une certaine façon léger,
même si le contenu lui-même est pesant.
[musique]
J'aime vraiment me perdre dans une
histoire qui ne m'est pas arrivée à moi
comme acteur.
[musique]
Mais en même temps, pour ressentir les
émotions que le personnage pourrait
éprouver,
je le relie à des choses de ma propre
vie.
Quand j'ai déménagé à Zuric, j'ai changé
de nom de scène pour m'appeler Max. J'ai
l'impression que ça m'a libéré d'une
certaine façon.
Je ne voulais pas nécessairement que
cela détermine les rôles que j'allais
jouer, mais je pense que ça me
correspondait mieux comme personne.
Le fait d'être non binaire dans la vie
n'empêche pas que ces rôles soient
extrêmement importants et qu'il fassent
partie de ma liste de souhaits de
ballerine.
J'ai grandi à Warner Robbins, une petite
ville de Georgie, un peu au milieu de
nulle part.
J'ai commencé à suivre des cours de
danse à l'âge de 7 ans. Oh là, ça fait
20 ans, je m'en rends compte juste là.
[rires]
Ma deuxième professeur a vraiment exigé
beaucoup de moi. Elle était très
intense.
Parfois ma mère devait quitter son
travail parce que mon père n'arrivait
pas à me faire sortir de la voiture pour
aller au cours. Il y a eu des moments
très durs.
[musique]
[musique]
On doit penser à tant de choses en même
temps. Même quand on tient une position,
il faut penser à tout votre corps en
même temps.
Ensuite, on commence à bouger et on
pourrait oublier ce qu'on faisait. Mais
non, vous devez maintenir cette position
pendant que vous pliez les jambes. C'est
extrêmement complexe.
Il faut s'entraîner dur. Bien sûr, c'est
obligatoire pour être ballerine. C'est
vraiment difficile.
Évidemment, je suis anxieuse avant les
spectacles et les autres événements
car je veux donner le meilleur de
moi-même.
J'avance dans ma carrière, j'ai fait
toutes ces choses dont je suis très
fière et je m'en suis bien tiré.
Et maintenant,
j'ai presque peur à l'idée que je
pourrais ne pas réussir.
Mais je crois que j'ai acquis une grande
confiance.
J'ai foi en mes possibilités.
Je dois mettre des paillettes.
C'est notre touche de légèreté à la fin
du maquillage. [rires]
Si on n pas peur d'être qui on est, on a
la liberté et la légèreté.
Et c'est comme si la peur de vous
exprimer ne pesait plus sur vos épaules.
Je ressens toujours un soulagement.
C'est joyeux. On pourrait dire qu'à la
fin d'un spectacle, oui, je ressens une
légèreté.
Normalement, ça dure toute la soirée.
Si j'ai congé le lendemain, ça dure
peut-être même un jour de plus. Ça
continue.
Demain, on ne joue pas. Donc ce soir, je
me sentirai encore libre.
[musique]
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Ce documentaire explore la notion de légèreté à travers les parcours de trois artistes : une DJ techno, un sculpteur cinétique et un danseur de ballet. Chacun d'eux, bien que pratiquant des disciplines radicalement différentes, partage la même quête d'un état de fluidité, de spontanéité et de liberté mentale. À travers leurs témoignages, le film montre comment la discipline, l'effort intense et l'acceptation de la vulnérabilité permettent paradoxalement d'atteindre cette sensation de légèreté, véritable moteur créatif et antidote au poids du quotidien.
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